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Glencore-Xstrata : la multinationale minière et les Kanak

Les multinationales suisses Glencore et Xstrata ont fusionné, jeudi 2 mai, après des mois d'attente. La nouvelle entreprise devient de fait propriétaire à 49% de l'usine du nord en Nouvelle-Calédonie et du grand massif de nickel du Koniambo...

L'usine du Nord est détenue à 51% par la Société minière du Pacifique Sud, propriété des indépendantistes Kanak © Alain Jeannin
© Alain Jeannin L'usine du Nord est détenue à 51% par la Société minière du Pacifique Sud, propriété des indépendantistes Kanak
  • Alain Jeannin
  • Publié le , mis à jour le
Le nouveau géant du négoce et des matières premières à la réputation parfois sulfureuse devrait donc être l'associé des indépendantistes Kanak. Entre Glencore et Xstrata la fusion a été longue et difficile. Elle donne le jour à un mastodonte du secteur des matières premières, négociants et producteurs confondus. La nouvelle entité appelée Glenstrata est comparable aux poids lourds du secteur tels que BHP Biliton, Vale ou Rio Tinto.
 

Un accord qui protège les intérêts locaux

Cependant, rien ne devrait changer en Nouvelle-Calédonie pour la grande usine du nord qui vient d'entrer en production. Elle reste détenue à 51% par la Société minière du Pacifique Sud, propriété des indépendantistes Kanak.
L'accord majoritaire "51/49" qui protège les intérêts locaux a été obtenu par le négociateur calédonien André Dang en 1994. "51/49" au profit des Kanak... Le mandat donné par Paul Neaoutyine le président indépendantiste de la province nord pour l'accès de Xstrata à l'énorme gisement de nickel du Koniambo n'était pas négociable.
 

Référence pour les altermondialistes

Cette répartition innovante où la compagnie multinationale est minoritaire sert depuis de référence aux altermondialistes. Dans d'autres pays du monde, notamment en Afrique, les multinationales minières avaient pour habitude d'imposer un accord sur les bénéfices et la propriété de 90/10 en leur faveur. En Nouvelle-Calédonie Xstrata a donc payé le prix fort pour s'installer sur l'un des territoires les plus riches en nickel de la planète jusqu'alors chasse gardée de son concurrent français ERAMET-SLN et ce depuis 1880.
 

La SLN joue son avenir

La fusion de Glencore et Xstrata associés à la SMSP pose donc un vrai défi industriel et financier de compétitivité au producteur historique calédonien SLN. La taille de l'entreprise et son usine de Nouméa lui permettront-elles d'affronter ce puissant concurrent et son usine du nord flambant neuve quand il s'agira de vendre du nickel  sur les marchés mondiaux ? C'est l'avenir de la SLN qui pourrait se jouer dans les prochaines années.

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