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Sucre et date limite de consommation: le texte sur l'offre alimentaire Outre-mer adopté au Sénat

Les sénateurs ont adopté en l'état et  à l'unanimité la proposition de loi visant a limiter la quantité de sucre dans les produits alimentaires vendus Outre-mer et à aligner les dates limites de consommation sur celles de l'Hexagone.

Victorin Lurel devant les sénateurs © Sénat.fr
© Sénat.fr Victorin Lurel devant les sénateurs
  • Par Maïté Koda
  • Publié le , mis à jour le
Cette fois-ci c'est la bonne. Si en 2011, la proposition de loi a été rejetée dès l'Assemblée nationale à neuf voix près, cette année Victorin Lurel a réussi. Après les députés au mois de mars, les sénateurs ont voté en faveur de la proposition de loi sur l'offre alimentaire Outre-mer.
 
"Scandale sanitaire", "double illégalité", "des chiffres édifiants"… le ministre l'a notifié à l'issue de la discussion générale: le constat est unanime. Que les consommateurs ultramarins se voient proposer des produits jusqu'à près de 50% plus sucrés que ceux vendus dans l'Hexagone a heurté la sensibilité de l'ensemble des sénateurs à s'être exprimés. D'autant plus qu'ils ont été nombreux à rappeler les chiffres du diabète et de l'obésité plus élevés Outre-mer (jusqu'à 9% chez les enfants guadeloupéens contre 3,5% dans l'Hexagone).
 
A l'unanimité également, les arguments des industriels arguant d'une "appétence innée pour le sucre" ont été balayés du revers de la main. "Quand bien même cette préférence serait réelle, elle ne doit pas être encouragée pour des raisons de santé publique évidentes", a souligné le sénateur UDI Joël Guerriau.
 

Enfant, Christiane Taubira mangeait du gruyère qui "picotait"

L'autre volet de la loi, consacré aux dates limites de consommation des produits qui diffèrent "de plusieurs jours à plusieurs mois" selon qu'ils sont vendus dans l'Hexagone ou Outre-mer a également suscité des interrogations chez les sénateurs. Le sénateur Guerriau a alors rappelé une anecdote concernant la ministre de la Justice originaire de Guyane Christiane Taubira. "En arrivant en France, la garde des Sceaux déclarait ne pas avoir retrouvé le gruyère de son enfance. En effet disait-elle, le gruyère de son enfance picotait".
 
Et pour cause. Selon les chiffres avancés par le ministres de Outre-mer, 300 produits frais sont soumis à une double DLC (date limite de consommation). En ce qui concerne le Reblochon, la DLC est de 35 jours dans l'Hexagone contre 70 jours à l'export, et pour le gruyère râpé "d'une certaine marque" - sans doute celui de la garde des Sceaux enfant- la DLC était de 40 jours pour l'Hexagone contre 180 jours pour l'Outre-mer.

 
l'UMP s'abstient et préfère une grande loi de santé publique

Mais au-delà du constat, la forme n'a pas séduit tous les sénateurs. Ainsi Joel Guerriau et le sénateur UMP Alain Milon ont exprimé leur réticence à l'utilité d'un tel texte et ont préféré s'abstenir. Une charte pour les industriels mais surtout une grande loi de santé publique auraient à leurs yeux plus d'efficacité, ont-il expliqué. "Nous avons complètement épuisé les plans de concertation, à répondu le rapporteur et sénateur PS de la Réunion Michel Vergoz. Nous avons connu 3 plans de nutrition en douze ans, c'est un euphémisme de dire que pas grand-chose s'en est sorti", a-t-il ajouté. "Les industriels ont déjà eu de la bonne volonté mais ils ne sont pas allés jusqu'au bout", a-t-il rappelé.
 

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