publicité

Le président des Comores à Paris pour évoquer le différend sur Mayotte

Le président comorien Ikililou Dhoinine a quitté hier Moroni pour Paris, où il doit rencontrer François Hollande le 21 juin pourparler notamment de Mayotte. Le département français est toujours revendiqué par l'archipel des Comores

© Google maps
© Google maps
  • La1ère avec AFP
  • Publié le , mis à jour le
"L'essentiel (des discussions) portera sur la question de Mayotte ", la quatrième île de l'archipel des Comores, administrée par la France depuis l'accession du territoire à l'indépendance en juillet 1975, a indiqué à l'AFP Mmadi Ali, un conseiller du chef de l'Etat.
Devenue le 101e département français en mars 2009, l'île est toujours revendiquée par Moroni.
 

Condamnations à l'ONU

"Il faut rapidement enlever cette épine du pied de nos deux pays depuis bientôt trente-huit ans", a expliqué un proche du président, déplorant toutefois "l'impréparation manifeste" de ce voyage.  La présence française à Mayotte  est fréquemment condamnée à l'ONU, l'Union africaine (UA), la Ligue arabe, entre autres.
 

Visa Balladur

Alors que Paris justifie sa présence sur l'île par la volonté des Mahorais à rester français, Moroni évoque le principe de l'intangibilité des frontières héritées de la colonisation.   L'ancien président François Mitterrand s'était engagé en 1990 à "aider" les habitants de l'archipel "à retrouver (leur) ancienne solidarité", promettant de lever les "barrières théoriques mais peu franchissables entre tous les Comoriens".
Mais l'instauration à partir de 1994 du "visa Balladur" (du nom de l'ancien Premier ministre Edouard Balladur) pour tout Comorien voulant se rendre à 
Mayotte  a réduit les espoirs de rapprochement entre les quatre îles.
 

Le plus grand cimetière marin

Depuis, le bras-de-mer séparant Anjouan et Mayotte  (large d'environ 70 km) est considéré par les organisations humanitaires comme le plus grand cimetière marin pour le nombre de personnes qui périssent en tentant de rallier l'île française à bord de frêles embarcations de pêche. C'est la première visite officielle en France du président comorien depuis son arrivée au pouvoir en mai 2011. Il est accompagné par son vice-président chargé des Finances Mohamed Ali Soilihi, son directeur de cabinet chargé de la Défense Hamada Madi Mobéro, ainsi que du ministre de l'Education Mohamed Ismaila. Ce voyage intervient deux mois après qu'une tentative de déstabilisation du régime comorien, qui impliquerait le mercenaire français Patrick Klein, a été déjouée, le 19 avril dernier.
 

Un enjeu également de politique intérieure

Comme tous ses prédécesseurs, Ikililou Dhoinine sait que  les Comoriens sont très attentifs à  ce qui ressortira de cette visite à l’Elysée.
Mais comme tous ses prédécesseurs, il sait aussi que sa marge de manœuvre est très limitée sur cette question qui mine les relations entre les deux pays depuis l’indépendance des Comores en juillet 1975.
Petit historique sur les visites des présidents  Comoriens à l’Elysée avec Toufaili Andjilani.

Andjilani président Comores Elysée


 

Sur le même thème

L'actualité la 1ère partout et à tout moment
Téléchargez l'application La 1ère
  • AppStore
  • Google Play