Lyon: prison ferme pour deux jeunes qui avaient commis une agression raciste sur une Réunionnaise

faits divers
Palais de justice Lyon
Palais de justice de Lyon ©JEFF PACHOUD / AFP
Deux jeunes liés à une mouvance d'extrême droite ont été condamnés hier soir à Lyon à des peines de prison ferme pour l'agression violente de quatre personnes il y a quelques semaines, dont l'une, originaire de La Réunion, était d'apparence asiatique.
Le tribunal correctionnel de Lyon a condamné le premier agresseur à 18 mois de détention dont six avec sursis, et le second à douze mois de prison dont six avec sursis. Le 18 mai dernier, vers 3H00 du matin, quatre amis rentraient chez eux à vélo dans le 3ème arrondissement de Lyon  lorsqu'une dizaine de jeunes leur ont barré la route. Ils se sont adressés à l'un d'eux: "Tu fréquentes une Asiatique, tu déshonores la France".


Coups de pieds et de poings  

Très vite, alors que le jeune homme tentait de les calmer, ils l'ont frappé à coups de pieds et de poings, jusqu'à ce qu'il perde connaissance, puis s'en sont pris à son compagnon. Christophe, 24 ans, en détention provisoire depuis son arrestation le 18 mai, a reconnu son appartenance au mouvement d'extrême droite le Gud (Groupe union défense), tandis que son acolyte, qui comparaissait libre sous contrôle judiciaire, a dit en être "sympathisant". La peine la plus lourde est revenue au premier.
 

Victimes encore choquées  

Un troisième prévenu, arrêté le même soir, a été mis hors de cause par la défense et les parties civiles, et a même été identifié comme appartenant à un  groupe d'extrême gauche par la présidente du tribunal. Il a été relaxé. Visiblement encore très choquées par l'agression, les deux victimes des coups ont fait état à la barre de nombreuses blessures, dont un traumatisme crânien et des dents cassées, tandis que la jeune femme "asiatique", originaire  de la Réunion, suffocante, s'est dite "traumatisée".
 

Préméditation?

Lors de l'audience, le tribunal cherchait notamment à déterminer si l'agression était préméditée. L'une des victimes a affirmé avoir croisé quelques minutes avant l'agression, dans une autre rue, le même groupe "qui scandait des slogans racistes comme +A bas les négros+". Le sympathisant du Gud a avoué pour sa part: "ça fait plusieurs fois que des personnes de notre groupe interpellent des personnes dans la rue comme ça". "On était alcoolisés et on a fait une grosse connerie, sans aucune raison",  a simplement commenté Christophe, qui avait assisté l'après-midi précédant  l'agression à une manifestation contre le mariage homosexuel et avait dit aux policiers avoir "la haine contre tout". L'avocat des quatre victimes et de SOS Racisme, également partie civile, Me Bertrand Sayn, a dénoncé avant l'audience un "fléau à Lyon, pas moins de 13 agressions fascistes ont déjà été répertoriées en 2013". Un quatrième prévenu, mineur, était présenté au juge pour enfants.
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