Cérémonie du 10 mai: annulation des poursuites contre Almamy Kanouté

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Almany Kanoute
Almany Kanoute ©MK/Outremer 1ere
Un vice de procédure aura eu raison des poursuites à l'encontre d'Almamy Kanouté.  Interpellé alors qu'il se rendait à la cérémonie de commémoration du 10 mai, le conseiller municipal et responsable associatif était accusé d'avoir résisté avec violence aux forces de l'ordre.
 
Il encourait de la prison ferme et plusieurs milliers d'euros d'amende. Almamy Kanouté est ressorti libre du Tribunal de grande instance de Paris. Son avocat a invoqué un vice de procédure: les forces de l'ordre n'ont pas pris la peine de notifier ses droits lors de sa garde-à-vue.
 

Entrée refusée

Les faits remontent au 10 mai. Almamy Kanouté se rend vers les jardins du Luxembourg. Ce jour là, le président François Hollande rendait hommage aux victimes de l'esclavage. Almamy Kanouté, éducateur spécialisé et  conseiller municipal à Fresnes (mouvement Emergence) s'y rend, son invitation officielle en poche.Alors qu'il se présente à l'entrée du jardin, il croise des amis, qui ne parviennent pas à entrer.
 Il assure  avoir montré son invitation et demandé à passer avec eux. Ses deux amis portaient un Tshirt siglé "Brigade anti négrophobie", du nom d'un collectif d'associations qui luttent contre le racisme. "Je ne portais pas le mien" précise-t-il.
Le conseiller municipal franchit avec succès une première barrière, avant de se voir refuser l'entrée suivante. Après avoir protesté, en montrant son invitation Almamy Kanouté tente de profiter d'un mouvement de foule pour pénétrer dans l'enceinte du jardin. "Huit gardiens de la paix me sont alors tombés dessus", affirme-t-il.  Interpellé, l'ancien candidat aux régionales est menotté puis conduit au commissariat.
 

 
 
 (Voir les photos de l'interpellation sur citizenside.com)  
 
S'en suivent 24 heures de garde-à-vue. Trois jours plus tard, il est à nouveau convoqué pour être entendu pendant 8 heures. Les policiers lui reprochent d'avoir forcé le cordon de sécurité et de s'être opposé violemment à son interpellation. Un membre des forces de l'ordre, blessé au poignet fait valoir une interruption temporaire de travaille (ITT) de quatre jours, suite à l'altercation.
 

Traité comme un déliquant


Avec l'annulation des poursuites, Almamy Kanouté, se dit soulagé. "Je n'ai jamais résisté, j'ai juste été surpris quand les policiers me sont tombés dessus, mais à aucun moment je n'ai bousculé qui que ce soit", assure-il. Et pourtant, j'ai été menotté, traîné au sol , traité comme un délinquant", regrette-t-il.
 
Son avocat Me Hosni Maati dénonce un dossier mal ficelé. "Je n'ai pas pu en faire état faute de débats, mais il y a énormément d'incohérence, dans le timing des événements notamment. Mon client a été interpellé à 10h59, et pourtant, il est censé avoir blessé le policier à 11h05", souligne-t-il. Faute de débats, il n'aura pas pu plaider et attend que s'écoule désormais le délai de 10 jours dont dispose le parquet pour faire appel.