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Elle se dit victime d'une bavure policière: sa plainte classée sans suite

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Josette Emile 1
Josette Emile, photographiée quelques jours après l'altercation qui l'opposait à des policiers. ©DR
En avril, une Guyanaise de 58 ans a porté plainte contre un policier du Val-de-Marne qu'elle accuse de l'avoir frappé à plusieurs reprises. Sa plainte vient d'être classée sans suite par le procureur de Créteil.
Elle se dit "écoeurée".  Alors qu'elle a porté plainte au printemps dernier pour violences policières, Josette Emile vient de recevoir la réponse du procureur. Sa plainte est classée sans suite. "Selon le procureur, c'est mon propre comportement qui a engendré celui du policier", s'indigne-t-elle.  " "L'enquête a démontré que votre comportement a facilité l'infraction dont vous vous plaignez. En conséquence le parquet estime qu'il n'est pas utile de faire juger cette affaire", indique en effet le courrier reçu début septembre Une réponse qui l'angoisse d'autant plus que le policier qu'elle accuse de violence à également porté plainte contre elle. Josette Emile devra donc se rendre au tribunal le 24 septembre. "Mon avocat m'a dit que j'encourais entre 1 et 3 ans de prison", précise-t-elle, amère.
 

Morsure contre coups de poings

Les faits remontent au 20 avril. Ce samedi, Josette Emile conduit ses parents  âgés de 77 et 84 ans sur le marché de Villeneuve Saint-Georges. Elle se gare et les attend dans la voiture le temps qu'ils fassent leurs emplettes. Elle assure alors ignorer que sa voiture se trouve sur un emplacement non autorisé jusqu'à ce qu'un policier lui demande de déplacer son véhicule.
La  conductrice demande à pouvoir appeler ses parents au préalable, afin de les prévenir qu'elle va se garer plus loin. Le policier refuse  et l'échange dégénère. Elle assure que le policier lui a "tordu violemment le poignet" et que "pour lui faire lâcher prise", elle le mord à la main.
Josette Emile est alors sortie de son véhicule, menottée et emmenée au commissariat dans la voiture de police. " "J'ai pris trois coups de poings dans la joue. Pour le dernier, le plus douloureux, le policier a recouvert ma tête avec mon manteau avant de me frapper. J'ai eu tellement mal j'ai cru qu'il m'avait brisé la mâchoire", affirmait-elle. Elle a passé ensuite 28 heures en garde-à-vue.
 
 >> A Lire: Une Guyanaise se dit victime d'une bavure policière

Me Franck Zeitoun, avocat de Josette Emile, se dit très étonné de ce classement sans suite. "On entend partout dans les médias qu'on a mis en place de nouveaux services pour signaler plus facilement les violences policières. Ce qui est en effet une bonne nouvelle. Mais on se rend compte que lorsqu'on fait face à un cas concret, rien n'a changé", déplore-t-il.
 

"Hâte d'en finir"

Josette Emile a le sentiment d'avoir "beaucoup perdu". Ancienne infirmière, elle travaille désormais en tant que vendeuse à domicile mais affirme avoir perdu presque tous ses clients depuis le 20 avril. "Je ne suis pas bien psychologiquement, les clients le ressentent forcément et achètent moins", explique-t-elle. Son frère a monté un comité de soutien pour l'aider à financer ses frais d'avocats. Quant à elle, elle attend désormais son procès  "sans se faire d'illusions". "J'ai surtout hâte d'en finir", confie-t-elle. 
Une version démentie par les policiers
Les policiers livrent de leurs côtés une version radicalement différente. Ils affirment que la quinquagénaire "s'est rebellée de façon violente en mordant et en griffant le policier" et qu'elle a failli renverser l'une des leurs avec sa voiture. Ils affirment également qu'elle avait tenté de frapper le conducteur de la voiture de police. Le policier mordu avait obtenu 7 jours d'ITT.
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