Brésil, Amazonie, Guyane : + 3 à 6° d'ici 2100

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Brésil Rio Climat
©Marcelo Fonseca/Brazil Photo press/AFP
Ca chauffe au Brésil. Selon une étude menée par 350 chercheurs brésiliens, la température pourrait augmenter de 3 à 6 degrés celsius dans le plus grand pays d'Amérique latine d'ici à 2100. 
Les scientifiques brésiliens ne sont guère optimistes. Dans un document présenté officiellement ce lundi à Sao Paulo, lors de la 1ère Conférence nationale sur les changements climatiques, la hausse des températures risque, selon les chercheurs, d'atteindre 3 à 6° d'ici à 2100.  Les données ont été recueillies avec l'aide du premier système brésilien de simulation du climat mondial, qui comprend des caractéristiques détaillées du Brésil et du continent sud-américain.
 

Manque de pluies

Cette hausse des températures s'accompagne d'un manque de pluies. Le cours des fleuves importants du pays et l'approvisionnement des nappes phréatiques, dont dépend l'alimentation des sources en eau potable, pourraient être affectés par cette hausse de température. Le rapport estime également que les niveaux d'émissions de gaz à effet de serre restent trop élevés.
 

L'Amazonie particulièrement touchée

En Amazonie par exemple, en 2100 la température pourrait augmenter de près de 6 ºC et la distribution des pluies chuter de 45% dans la région. Les déboisements et brûlis risquent de changer drastiquement le cycle hydrologique de la forêt amazonienne en prolongeant la saison sèche et en altérant la distribution des pluies dans le pays. "Ce sont des prévisions dans des conjectures extrêmes d'émissions de gaz à effet de serre. Si en 30 ans nous ne changeons pas le taux actuel, la température moyenne annuelle dans le pays augmentera de 1 ºC", explique Tércio Ambrizzi, de l'Université de São Paulo cité par le site internet de la chaîne de télévision O Globo.
 

Conséquences sur l'agriculture

Dans ce contexte, l'agriculture et le secteur énergétique du Brésil seraient fortement touchés avec le risque d'une brusque chute du Produit intérieur brut (PIB). Le rapport montre enfin que les changements climatiques réduiront la productivité de presque toutes les cultures agricoles existantes au Brésil aujourd'hui. Les cultures de soja pourraient perdre 20% de leur productivité d'ici à sept ans et 24% d'ici à 2050. Face à ce rapport scientifique très pessimiste, les politiques brésiliens présents à la 1ère Conférence nationale sur les changements climatiques ne pourront pas se voiler la face.