Les Ultramarins en attente d'un rein doivent avant tout s'armer de patience

santé
GREFFE REIN
Un patient donneur de rein à l'hôpital (photo d'illustration) ©BRENDAN SMIALOWSKI / AFP
D'après l'Agence de biomédecine, pour les patients souffrant d'insuffisance rénale, de graves disparités existent sur le plan de l'accès à la greffe. Ainsi le temps d'attente médian varie de 9 à 57 mois. Et c'est dans les Outre-mer que l'attente est la plus longue. 
C'est le Parisien qui révèle l'info dans une enquête publiée ce mercredi 11 septembre. Sous le titre "greffe du rein: un scandale inexcusable", le quotidien dénonce les inégalités en matière de greffe du rein pour les personnes victimes d'insuffisance rénales. Ce sont les temps d'attente pour les malades en attente de transplantation qui sont ainsi montrés du doigt. Moins d'un an dans le Maine-et-Loire, contre quatre fois plus pour un patient souffrant de la même pathologie.
 

54 mois d'attente en Guadeloupe

"De 9 à 37 mois d'attente!", assure le Parisien qui a volontairement exclu de son infographie les données relatives aux départements d'Outre-mer. Elles sont pourtant édifiantes si on se réfère aux chiffres fournis par le rapport Rein 2011 (Réseau épidémiologique et information en néphrologie)  de l'Agence de biomédecine. Ainsi en Martinique, il compter 35,9 mois d'attente, contre 36,6 en Guyane, 54 mois à la Réunion et 57,6 mois (!) en Guadeloupe, championne nationale du délai d'attente. 
Un délai lié à la pénurie qui touche certains départements et une attribution locale, et non nationale,  des reins prélevés sur un donneur décédé.
Double-click to add title | Infographics
Le rapport recense également le nombre de malades souffrant d'insuffisance rénale et traités par dialyse dans 25 régions françaises.  (Aucune donnée n'a été relevée pour la Martinique sur ce point). La moyenne nationale du taux d'incidence est  de 149 par million d'habitants. En revanche, les régions d'Outre-mer "font figure à part" explique le rapport. "Après prise en compte de l’âge et du sexe, le taux  d’incidence est multiplié par 2 en Guadeloupe et en Guyane et par 3 à la Réunion par rapport au taux  national". Un taux anormalement élevé qui pourrait s'expliquer par des facteurs sociaux et médicaux, tels que la "proportion plus élevée de chômeurs et de personnes avec un diabète."
 
 

Le groupe B défavorisé

 Autre information: les patients du groupe sanguin B, un  groupe rare, sont ceux qui ont le plus de difficultés à trouver un donneur de greffon compatible. Pour eux, quelque soit la région dans laquelle ils sont soignés, mais surtout en Ile-de-France, le délai d'attente est encore allongé. Et  si les fréquences des groupes ABO ne varient pas beaucoup en fonction des populations, il se trouve que le groupe sanguin B est plus fréquent chez les personnes afro-antillaises, que chez les Caucasiens…