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"La réserve marine est la meilleure protection contre les requins", selon Sea Shepherd

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Lamya Essemlali
Lamya Essemlali, présidente de Sea Shepherd France ©FRANCOIS GUILLOT / AFP
L'association Sea Shepherd a obtenu gain de cause sur décision du tribunal administratif: le prélèvement des requins dans la réserve marine de la Réunion est interdit. De quoi réjouir sa présidente Lamya Essamlali qui rappelle que la réserve est indispensable à l'équilibre de l'écosystème.
C'est une petite victoire pour Sea Shepherd. Le tribunal administratif de Saint-Denis lui a donné raison en annulant la décision du préfet de La Réunion. Le 13 août 2012, après une nouvelle attaque mortelle de requin, Jean-Luc Marx autorisait le prélèvement de 90 requins dans la réserve marine. Une décision aussitôt dénoncée Sea Shepherd et l'association citoyenne de Saint-Pierre. Les deux associations de défense de l'environnement avaient alors déposé un recours auprès du tribunal.
 "Personne, pas même le préfet de la Réunion n'est au dessus de la justice", s'est félicité Sea Shepherd dans un communiqué.
 

"Pressions des pêcheurs sous marins"

Pour Lamya Essemlali, présidente de l'association, le combat judiciaire était plus que nécessaire. "Cette réserve marine de la Réunion a une vraie consistance. Il n'est pas possible d'y faire tout et n'importe quoi en cédant aux pressions des pêcheurs sous-marins et de certaines associations de surfeurs".
Depuis 2007 et la création de la réserve, un décret interdit la chasse sous-marine dans une partie de la zone. "Elle n'existe que depuis cinq ans cette réserve, et elle est attaquée de tous les côtés", soupire la présidente d'association "Certains chasseurs se sont sentis privés de leur terrain de jeu", ironise-t-elle avant de dénoncer un comportement "puéril".
 
"Ce n'est certainement pas en tuant des requins, qui ne sont que le symptôme d'un mal sous-jacent qu'on résoudra le problème, poursuit-elle. "La réserve marine permettra un recours à l'équilibre et à la biodiversité. Cet équilibre sera le meilleur rempart contre des accidents qui impliquent des requins bouledogue et des requins tigres."
 Pour l'association, qui réfute toute idée de surpopulation de requins, la surpêche en haute mer et le déversement de déchets à proximité des côtes contribuent grandement à la présence du squale dans les eaux réunionnaises
 

"Changement des mentalités"

Un nouvel accident impliquant un chien, happé par un  requin ce week-end sur une plage de Saint-Paul a une nouvelle fois été répercuté par la presse nationale. L'urgence est là, les Réunionnais, et les touristes potentiels, sont demandeurs de solutions à court terme. Or, le programme concocté par Sea Shepherd, à savoir prendre le problème à la racine, protéger le récif corallien et éviter de polluer les eaux réunionnaises – les requins appréciant particulièrement les eaux sales- ne pourra se faire en un jour.
Mais pour Lamya Essemlali, les baigneurs doivent aussi se poser les bonnes questions. "Il faut un changement des mentalités; Certaines zones sont interdites à la baignade car le risque est connu. Il faut accepter de se dire -certains le font mais pas encore tout le monde- que le requin est chez lui dans l'Océan, et que l'être humain ne peut pas se baigner partout sans danger"
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