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De trois à six ans de prison pour les exorcistes d'Antoinette

Quatre personnes, originaires des Antilles, jugées pour avoir séquestré et torturé Antoinette, une jeune femme qu'ils pensaient possédée par le diable, ont été condamnées vendredi à des peines allant de trois à six ans de prison par la Cour d'assises de l'Essonne.

© cc-by stockmonkeys.com
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  • La1ere.fr avec AFP
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Ces condamnations sont en dessous des réquisitions de l'avocate générale, qui avait réclamé entre huit et douze ans de prison.  En mai 2011, persuadés qu'elle faisait une "manifestation diabolique", les accusés, qui se réclament d'un mouvement protestant évangélique, avaient ligoté à un matelas Antoinette, aujourd'hui âgée de 21 ans, en la privant de nourriture pendant une semaine. Leur objectif était de la "libérer du démon".  Lorsqu'elle fut découverte par les policiers, elle se trouvait dans un état de faiblesse et de maigreur extrêmes, mais son pronostic vital n'était pas engagé.
 
 

Le détail des peines  

La cour a retenu la séquestration mais pas le chef d'accusation d'actes de torture ou de barbarie. La peine la plus lourde, six ans ferme, a été prononcée à l'encontre d'Eric Derond, considéré comme le meneur des opérations, le leader spirituel du groupe, qui se prenait selon certains pour un "prophète". 
Deux autres accusés, Philippe Grego et Lise-Michelle Babin, ont écopé de cinq ans de prison, dont un avec sursis. Le quatrième, Lionel Fremor, a été condamné à trois ans ferme. 
 

Réactions après le verdict 

"J'aurais aimé que ce que l'avocate générale avait demandé soit exécuté, parce que je pense que ce sont des individus dangereux, surtout Eric Derond", a 
déclaré Antoinette juste après le verdict.   "C'est une décision insuffisante au regard de ce que j'attendais. Qu'on ne retienne pas la torture me gêne beaucoup", a ajouté Me Christophe Robert, l'avocat de la famille de la victime.  
 

probablement pas d'appel  

Tout au long du procès, les accusés ont déclaré avoir agi pour le bien de la victime et ont affirmé leur conviction inébranlable qu'elle était bel et bien possédée par Satan.   "C'est une bonne décision. J'ai déconseillé à mon client de faire appel", a estimé Me Catherine De Kouchkovsky, l'avocate d'Eric Derond.   Le procès avait commencé lundi. Les accusés, qui ont déjà passé deux ans et cinq mois en détention provisoire, encouraient la réclusion à perpétuité. 

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