Tricia Evy : « J’ai envie de dire que c’est le jazz qui m’a choisie »

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La chanteuse de jazz guadeloupéenne Tricia Evy, à La Gaîté lyrique à Paris, le 5 novembre 2013 ©Stéphane Weber
Trois ans après « Beginning », la vocaliste de jazz guadeloupéenne Tricia Evy sort un deuxième album : « Meet me ». C’est ce que nous avons fait. 
Disons-le tout de suite, on aime. Et nous avons savouré « Meet me » à petites doses et délectation. Nos morceaux préférés : l’interprétation de « Modinha » (Vinicius de Moraes, Antonio Carlos Jobim), « I Fall In Love Too Easily » et « Lanmou A ». 
 
Ces trois chansons, à elles seules, donnent un peu le ton de l’album, qui s’inscrit dans une harmonieuse diversité. Influences de la bossa nova, du jazz vocal moderne, de la biguine et de la musique classique (Chopin). Différents repères, différentes cultures, et des textes interprétés en brésilien, en anglais et en créole. Le tout soutenu par une excellente section rythmique, composée de David Fackeure (piano), Thierry Fanfant (contrebasse et guitare), Francis Arnaud (batterie) et Sonny Troupé (gwo ka sur « Lanmou A »). Des pros qu’on ne présente plus.
 
On ne regrettera donc pas que Tricia Evy ne soit pas devenue biologiste malgré sa licence obtenue à Paris XIII dans cette discipline, et puisse vivre, c’est assez rare de nos jours pour le souligner, de son art.
 
« J’ai envie de dire que c’est le jazz qui m’a choisie », explique celle qui a découvert cette musique plutôt tardivement, en 2007 à Paris. « Je n’avais pas prévu d’être chanteuse et le jazz a été une rencontre musicale. C’était une ouverture sur un nouveau monde ». Ses influences : Ella Fitzgerald et Billie Holiday principalement, « auxquelles j’amène ma touche antillaise », précise-t-elle. « J’ai un bagage musical assez varié, donc j’approche le jazz de manière très ouverte ».


Autodidacte, Tricia Evy s’est nourrie très tôt de musique, apprenant notamment à chanter en écoutant le musicien guadeloupéen Patrick Saint-Eloi (1958 – 2010), « dont je connais les morceaux par cœur », dit-elle. Depuis 2009, elle prend également des cours de technique vocale pour améliorer le positionnement de sa voix. Parallèlement, elle joue du piano et de la guitare et on devrait la voir (très bientôt ?) utiliser ce dernier instrument en concert. Elle sussure, « il ne faut pas dire quand, ce sera une surprise ».
 
Cette fan inconditionnelle de Georges Brassens écoute actuellement John Mayer, un (excellent) guitariste américain de rock et de folk, dont elle ne tarit pas d’éloges. « C’est une source d’inspiration infinie », s’enthousiasme l'artiste. « Je l’écoute tous les jours et tous les jours je découvre des choses ! »
 
Depuis qu’elle chante, Tricia Evy a beaucoup tourné en Australie, ce qui est plutôt rare pour des musiciens français, où elle est très appréciée depuis son passage dans un festival. « Sydney est ma deuxième maison », confie-t-elle d’ailleurs. Cette année elle a déjà fait un mois et demi de concerts dans ce pays, avec des musiciens locaux, et elle y retournera en février pour la septième fois de sa carrière. Elle a également joué en Guadeloupe, en Martinique, au Qatar, au Sénégal, en Suisse et bien sûr dans l’hexagone, où l’on pourra la retrouver dès la fin du mois de novembre. A vos agendas.
 
Tricia Evy – « Meet me » – Novembre 2013 – Plus Loin Music/Abeille musique
 

Prochaines dates de concerts

27, 28 et 29 novembre : Baiser Salé (Paris)
15 décembre : Auditorium du théâtre de Longjumeau
17 décembre : Festival Printemps de Pérouges à Lyon
 
10 janvier 2014 : Théâtre de l’Odyssée à Périgueux
14 janvier : Scène nationale de Bayonne  
20 janvier : Festival d’Ascona
27 février : Arcachon
 
tricia evy album
©DR