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Créteil: Eritaj, l’association d’un militant de la cause créole (DOSSIER LA1ERE.FR)

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Professeur Mango devant son tableau
Professeur Mango devant son tableau ©Léia Santacroce
Suite de notre dossier sur Créteil et ses habitants des Outre-mer. Nous sommes allés à la rencontre de Tony Mango. Son association francilienne et caribéenne est l’une des rares structures à dispenser des cours de créole.
Elle a 17 ans, elle habite Créteil dans le Val de Marne. D’origine antillaise, elle est très impliquée dans sa communauté. Elle, c’est Eritaj, l’association du Guadeloupéen Tony Mango. Elle est née en 1996 de la volonté de plusieurs Antillais franciliens de "casser le moule des associations domiennes, des assos en –OM", dixit son fondateur. Et Tony Mango de poursuivre : "Nous sommes des Caribéens, pas des domiens. La Caraïbe, c’est culturel, c’est palpable. Quand on parle de vins Côtes-du-Rhône, ça fait référence à quelque chose. Dire DOM, c’est s’enfermer dans de l’abstrait." 


Un espace de transmission 

Eritaj, c’est d’abord un lieu : une salle prêtée par la mairie de Créteil dans le quartier Habette - Côteaux du Sud. A l’intérieur, on se croirait dans une salle de classe. Tout y est : le tableau noir, les tables, les chaises, la bibliothèque, les affiches colorées au mur... Dans une petite pièce adjacente, on trouve une pile de tambours. "Ça, c'est pour les cours de Gwoka, une fois par semaine. C'est mon frère qui s'en occupe", explique Tony Mango. Pour lui, Eritaj est avant tout un espace de transmission.

Le créole, au cœur du travail d'Eritaj

Au cœur des activités d’Eritaj, les cours de créole. Une fois par semaine, Tony Mango délivre des leçons à une douzaine d’élèves : des jeunes et des moins jeunes, des créolophones et des non-créolophones. Le Guadeloupéen rode ses cours et ses techniques depuis près de vingt ans. Quand l’Education nationale a instauré le créole au bac en 2007, Tony a très vite été pressenti pour l'enseigner en lycée. Aujourd’hui dans l’hexagone, il est l'unique prof de créole.
 
Dans les locaux d'Eritaj, Tony Mango raconte l'histoire de son association
Dans les locaux d'Eritaj, Tony Mango raconte l'histoire de son association ©Léia Santacroce
L’association a beau compter une dizaine de bénévoles actifs, le gros de l’organisation revient à Tony Mango. Une charge de travail considérable pour cet enseignant qui, à plusieurs reprises, a bien failli tout arrêter. Faute de temps et de forces vives, l’association organise peu d’événements culturels ponctuels comme elle le faisait dans le passé. A l’avenir, et malgré la mort de son amie Mimi Barthélémy, Tony Mango espère relancer les soirées contes.

Une association ancrée à Créteil

Au fil des ans, Eritaj est devenu une référence pour l’importante communauté antillaise de Créteil, mais pas uniquement. Quels que soient les événements - Journées internationales des créoles en octobre, Chanténwel en décembre - ils sont ouverts à tous les Cristoliens.
 
Même état d'esprit pour les séances d'accompagnement à la scolarité. Trois bénévoles d’Eritaj reçoivent chaque semaine des élèves en difficulté du quartier, quelle que soit leur origine. "Ce n’est pas de l’aide aux devoirs, insiste Tony Mango, c’est pour leur apprendre à apprendre. Si vous dites aux enfants de faire une addition et qu’ils ne savent pas ce que c’est qu’une addition, ils n’y arriveront jamais." 
 
Dans les années à venir, Tony Mango espère bien pouvoir former de nouvelles recrues et passer ainsi le flambeau d’Eritaj
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