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Deux ans avec sursis pour le marchand de sommeil qui escroquait des Haïtiens

justice
Chambre insalubre Aubervilliers
Une chambre insalubre où se côtoyaient rats, cafards, et fils électriques, 2012 ©Mairie d'Aubervilliers
Le propriétaire indélicat qui logeait des dizaines d'Haïtiens à Aubervilliers dans des conditions insalubres a écopé de 2 ans de prison avec sursis et 30 000 euros d'amende. Le jugement est tombé vendredi au tribunal correctionnel de Bobigny.
Deux ans de prison avec sursis et 30 000 euros d'amende. Le tribunal correctionnel de Bobigny a rendu son jugement vendredi dernier. Alex Chemla, un homme de 54 ans soumis à l'ISF, a été reconnu coupable d'avoir exposé des personnes vulnérables à des conditions d'hébergement indignes dans la ville d'Aubervilliers (93).
 
Ces personnes ? Une soixantaine d'Haïtiens. Entre 2008 et 2013, ils vivaient entassés dans des box minuscules et dangereux qu'ils payaient environ 400 euros par mois. Lors de l'audience le 18 octobre dernier, le Procureur avait souligné l'ampleur de cette affaire : "en général, on loue une cave, un abri de jardin, un poulailler…" avait-il déclaré. A titre de comparaison, la société immobilière d'Alex Chemla a engrangé quelque 150 000 euros entre 2008 et 2013.
 

Déception des parties civiles

Fait rare, vingt habitants s'étaient portés parties civiles. Ils recevront chacun 1500 euros de dommages et intérêts. "Les victimes sont satisfaites du jugement mais elles ne comprennent pas que les biens n'aient pas été saisis !", nous a rapporté leur avocate, Aïssa Cissé. A l'heure actuelle, les victimes Haïtiennes n'ont trouvé que des solutions temporaires de relogement. L'une d'entre elles serait même à la rue, d'après leur avocate.
 
Déception aussi du côté de la mairie. La ville d'Aubervilliers s'était constituée partie civile et attendait beaucoup de ce procès. Le mal-logement est un problème récurrent contre lequel elle lutte au quotidien. "Nous sommes un peu déçus [qu'il n'y ait pas eu confiscation], on peut craindre que la sanction n'empêche pas M.Chemla de récidiver", a déclaré Evelyne Yonnet, première adjointe au maire d'Aubervilliers, à l'issue de l'audience.
 
Le Parquet avait requis la confiscation de l'immeuble. Il a prévu de faire appel dans l'espoir de l'obtenir.
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