Marche contre le racisme : Paris à la peine

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Dans le cortège de la Marche contre le racisme à Paris, le 30 novembre 2013 ©Philippe Triay/France Télévisions
Samedi à Paris, la Marche contre le racisme n’a pas rassemblé autant de participants qu’en espéraient les organisateurs. Si les Ultramarins n’ont pas particulièrement brillé par leur présence, certains ont tenu à venir. Témoignages en vidéos. 
Fatigués, occupés, indifférents, ou désabusés, les gens ? Difficile de mobiliser à Paris en cette fin d'automne. Les organisateurs de la Marche contre le racisme, samedi 30 novembre, en ont fait la cruelle expérience, en dépit de l’optimisme affiché à la tribune. Du côté des associations et des syndicats, 25.000 personnes auraient battu, d’après eux, le pavé parisien. La police, à son habitude, est beaucoup moins triomphaliste. Un peu moins de 4.000 selon elle.
 
Selon notre décompte, et nous avons suivi le cortège de bout en bout, on est malheureusement plus proche des chiffres de la préfecture. Surtout à l’arrivée place de la Bastille où nombre de personnes ont pris la poudre d’escampette. Un revers sérieux tant l’appel à l’action avait été unitaire, rassemblant de surcroît les associations antiracistes (LDH, Mrap, Licra, SOS Racisme) et les syndicats (CFDT, CFTC, CGT, FSU, Solidaires, Unsa) les plus importants de France, sans compter les autres organisations étudiantes (Unef, Fidl, UEJF) et de la société civile.
 

Les Ultramarins n’ont pas brillé par leur mobilisation

Parmi les personnalités politiques ayant répondu à l’appel de la marche, George Pau-Langevin, ministre déléguée chargée de la Réussite éducative, seul membre du gouvernement présent, Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT, Thierry Lepaon, secrétaire général de la CGT, Harlem Désir, le premier secrétaire du Parti socialiste, et Jean-Luc Mélenchon, coprésident du Front de gauche. Un faible lot de consolation face à l’enjeu de la lutte.

Les originaires des Outre-mer n’ont pas non plus brillé par leur mobilisation. C’est pourtant à l’initiative du Collectifdom et du CM98 que la marche a été organisée. A part les militants de longue date généralement présents lors de telles manifestations, les communautés ultramarines étaient aux abonnés absents, surtout les jeunes. Aux prochains dérapages racistes peut être…

Témoignages : pourquoi marchent-ils ? 

 

VIDEO : Danielle Apocale, déléguée générale à l'Outre-mer à la mairie de Paris

« La question qui m’interpelle est celle de nos enfants, de nos fils, de nos filles, qui peuvent, dans la cour de l’école, se trouver renvoyés à cette image (dont a été victime Christiane Taubira). Auront-ils les mots, auront-ils la bonne attitude pour y répondre ? »



VIDEO : Gerty Dambury, écrivain. A l’initiative du Collectif R=Respect, elle a été la première à lancer une pétition nationale pour prendre la défense de Christiane Taubira, à la fin octobre

« Nous manifestons aujourd'hui pour protester contre les propos insultants, racistes, et les extrémismes qui se développent dans ce pays. Les gens oublient que nous faisons partie de leur histoire. S'ils sont là aujourd'hui, c'est parce que nos pères, nos frères les ont défendus et continuent à les défendre. Donc il faut qu'ils nous respectent. Quand ils attaquent madame Taubira, c'est tout le monde qu'ils attaquent. Stop ! Le racisme, on ne joue plus avec ça ! Il faut que ça s'arrête ! »


VIDEO : Serge Romana, président du CM98, à l’initiative de la marche avec le Collectifdom

« Je suis là aussi en tant qu’Antillais, en tant que descendant d’esclaves, parce que je crois que l’antiracisme en France est en panne. Il est guidé par des principes justes, républicains et d’égalité, mais les personnes qui mènent le combat antiraciste depuis très longtemps ne connaissent pas véritablement le racisme de l’intérieur, tel que nous le connaissons dans les sociétés construites dans l’esclavage. »


VIDEO : Daniel Dalin, président du Collectifdom

« Nous sommes tous là aujourd’hui pour une belle et noble idée. Nous avons marché en cette froide journée d’hiver contre une des plaies qui gangrène la société française. (...) Aujourd’hui dans toute la France hexagonale et dans tous les Outre-mer, des initiatives pour dénoncer le racisme ont lieu. Vous avez été plus de 80 organisations signataires ».


VIDEO : Frédéric Régent, maître de conférence en histoire à l'Université de Paris 1, membre du Comité national pour la mémoire et l'histoire de l'esclavage 

« Je ne crois pas que la parole raciste se libère, mais c'est vraiment le fait qu'il y ait des Noirs à de hauts postes de responsabilité qu'ils deviennent la cible. L'un des moyens de les attaquer c'est de les attaquer sur leurs traits physiques, et cela est absolument inadmissible. »

 

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