Chikungunya : trois questions au professeur Rémi Charrel

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Pr Rémi Charrel
Marseille, le biologiste Rémi Charrel travaille sur des cellules souches du virus chikungunya de La Réunion 04/06/2006 ©Boris Horvat / AFP
Plusieurs cas de chikungunya ont été recensés aux Antilles. A Marseille, des chercheurs ont mis en évidence que ce virus était différent de celui qui avait frappé La Réunion en 2006. Que va-t-il se passer ? Eléments de réponse avec Rémi Charrel, professeur de virologie à l'hôpital de la Timone. 
Plusieurs cas de chikungunya ont été recensés récemment en Martinique, en Guadeloupe, à Saint-Martin à Saint-Barthélémy et en Guyane. Vous avez découvert que ce virus est différent de celui qui avait causé une grave épidémie de chikungunya à La Réunion en 2006. Quel est l'intérêt de cette découverte ?
Rémi Charrel : Effectivement c'est une nouvelle souche et elle a l'air de bien s'adapter à la Caraïbe. L'intérêt d'avoir mis en évidence ce virus, c'est que l'on va pouvoir le suivre, voir comment il s'étend ou pas. En 2006, quand il y a eu une épidémie de chikungunya à La Réunion, il n'y a pas eu de suite dans l'hexagone car à l'époque c'était l'hiver. Mais là, comme les Antilles se trouvent dans l'hémisphère nord, si ça continue, il y a un risque de transmission dans l'hexagone cet été. En 2006, un seul cas de chikungunya avait été détecté en Italie. Cet homme revenait d'un voyage en Inde.

Dans la Caraïbe, est-ce que vous pensez qu'il va y avoir beaucoup de cas de chikungunya ?
Rémi Charrel : C'est très difficile à dire. On se trompe très souvent quand on prédit. Mais le problème ici aux Antilles, c'est qu'il y a une ribambelle d'îles et donc plusieurs pays impliqués dans la lutte contre le chikungunya. Or, face à une épidémie, il faut s'adapter en permanence, aller très vite, ce qui angoisse les décideurs politiques. Mais surtout, il faut bien connaître le terrain. On ne parle pas de la même façon de la maladie à Saint-Barthélémy, en Guadeloupe ou en Guyane.

Quel est le moustique qui transmet de chikungunya aux Antilles ?
Rémi Charrel : Aux Antilles, le vecteur de cette maladie qui entraîne de fortes fièvres et des douleurs aux articulations redoutables s'appelle le moustique Aedes aegypti. A La Réunion, en 2006, c'était l'Aedes albopictus, plus connu sous le nom de moustique tigre. Pour éviter d'attraper cette maladie, il est donc utile d'utiliser des répulsifs pour faire fuir les moustiques !
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