Eramet : l'Indonésie fait frémir les cours du nickel

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Nickel Usine du Nord
Sur la mine de nickel du Koniambo en Nouvelle-Calédonie ©Alain Jeannin
Les cours des matières premières et les valeurs minières progressent significativement depuis 24 heures à la bourse des matières premières de Londres mais aussi en Asie, après la décision indonésienne d'interdire l'exportation des minerais de nickel bruts.
Cette mesure de l'Indonésie  a entraîné un rebond des cours des métaux, à commencer par le nickel, dont le pays est l'un des principaux producteurs avec la Russie, le Canada ou encore la Nouvelle-Calédonie. Les analystes estiment qu'une restriction maintenue sur les exportations indonésiennes devrait favoriser la hausse des cours du nickel, dont les cours ont subi depuis deux ans l'existence de stocks très élevés sur les marchés chinois et dans les entrepôts britanniques du L.M.E ( London Metal Exchange ).
 

Développer l'industrie locale

Le gouvernement de Jakarta espère par cette mesure d'interdiction des exportations encourager le développement d'une industrie locale de transformation des minerais, qui apporterait davantage de valeur ajoutée aux exportations du pays que le nickel brut qu'il exportait jusqu'à présent. Revers de la médaille, le blocage des exportations pourrait aussi entraîner des suppressions de postes dans les mines et un manque à gagner de milliards de dollars de revenus pour l'économie indonésienne.

Pour réduire les risques, le gouvernement a donc assoupli son projet : les entreprises qui transforment une partie de leur production sur place, pourront continuer à exporter du minerai... Une concession qui devrait permettre de réduire la portée de l'interdiction d'exporter tout en encourageant les compagnies locales à investir dans la construction d'unités de transformation. 
 

Une bonne nouvelle pour ERAMET

La nouvelle pourrait donner une bouffée d'oxygène au groupe français ERAMET et à sa filiale calédonienne la société Le Nickel SLN dont le PDG Patrick Buffet avait dressé en novembre un constat alarmant, évoquant une crise "très, très violente". Les prix du nickel, avait-il indiqué aux Echos, sont tombés "à des niveaux extraordinairement bas ".

 Après deux ans de cours effondrés la filiale du LME de Singapour rebondit pour la première fois. Le cours de Bourse des producteurs de nickel bondit dans la perspective d'un rebond des prix :

+ 4,87% pour le russe Norilsk

+3,6% pour Alumina à Sydney 

+ 3,45 % pour Eramet-SLN

+4,4% pour Mincor Resources 

+1,10 % pour BHP Billiton