Grève des carburants : pas de reprise des discussions à Paris

politique
Ministère France d'outre mer
©David Ponchelet
Après l'annonce de blocage mardi soir, les discussions entre le gouvernement et les gérants des stations service semblent pour l'heure au point mort. Victorin Lurel estime que "les gérants veulent faire dans le dilatoire".

Alors que les automobilistes des DOM se précipitent vers les stations-service pour tenter de prendre un dernier plein d'essence avant le début du blocage, ce soir à minuit, les négociations sont restées toute la journée au point mort à Paris.

Patrick Collé, le président de l'intersyndicale des gérants, joint ce mercredi par la1ere.fr confie : "il n'y a rien de nouveau. Nous n'avons eu aucun contact avec le gouvernement depuis notre départ du ministère des finances, à Bercy, dans l'après-midi d'hier. Dans la mesure où le gouvernement veut coûte que coûte publier les arrêtés de méthode à la fin du mois, c'est inacceptable. J'envisageais de rentrer vendredi en Guadeloupe, mais au regard de la situation là-bas, je pourrais rentrer dès jeudi."


Victorin Lurel sort du silence 

Du côté du ministère des Outre-mer, Victorin Lurel a réagi à la sortie du conseil des ministres : "les représentants des gérants font dans le dilatoire (...) Ils demandent à reprendre d'une main ce qu'ils auront dû concéder (...) ils veulent vider le décret de toute substance".
Ecoutez Victorin Lurel au micro Radio Outre-mer 1ère de Toufaili Andjilani

Lurel conseil ministres carburants


Patrick Collé en colère

Présent sur le plateau du journal Infômidi sur France Ô, Patrick Collé a réagi à la déclaration du ministre des Outre-mer : "Je ne comprends rien à ce que dit Victorin Lurel (...) La grêve sera illimitée et les négociations seront menées +stations fermées+".  

Imbroglio sur le cas de la Guyane

La grève de l'essence aura-t-elle lieu en Guyane ? Non, déclare sur Guyane 1ère, Sylvie Désert, la présidente du groupement des gérants de Guyane. Pourtant, Patrick Collé, à Paris, continue d'affirmer que les stations fermeront...
24 parlementaires de gauche et du centre dénoncent le "nouveau chantage" de la filière carburant


24 parlementaires d'outre-mer, essentiellement de la majorité mais aussi du centre, appellent le gouvernement "à ne pas céder au nouveau chantage" de la filière carburant, alors que les gérants de stations-service entament mercredi soir une fermeture illimitée.
 

Les 18 députés et 6 sénateurs, signataires d'un communiqué commun, "appellent fermement le gouvernement à ne pas céder à ce chantage organisé par quelques compagnies pétrolières dont le bénéfice annuel net avoisine les 40 millions d'euros dans l'océan Indien et 33 M EUR aux Antilles-Guyane dans une filière qui dégage dans son ensemble près de 100 millions d'euros de profits".

Les gérants "doivent cesser de se laisser manipuler par les compagnies pétrolières qui les utilisent pour défendre leur seule rente de situation Outre-mer au détriment du consommateur et des économies ultramarines", plaident les parlementaires, essentiellement des DOM concernés par la "grève" et surtout de gauche mais aussi de l'UDI. 

Enfin ces élus rappellent aux futurs "grévistes" que "leur marge nette, ainsi que celle des grossistes, n'est pas impactée par la réforme: seule la marge des compagnies pétrolières est concernée par celle-ci afin d'aboutir à une baisse du prix à la pompe".
(AFP)

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