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Un nouveau rapport alarmant sur les pesticides déversés aux Antilles

Un rapport de l'Eceri, l'Institut européen de recherche sur les cancers liés à l'environnement, présidé par Dominique Belpomme alerte sur les dangers des pesticides utilisés sur les bananes des Antilles.

© WILFRIED LOUVET / ONLY FRANCE
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  • Par Maïté Koda
  • Publié le , mis à jour le
Les pesticides une nouvelle fois montrés du doigt. Si le scandale du chlordécone est désormais connu, du moins aux Antilles, ce sont désormais des pesticides toujours utilisés en Guadeloupe et en Martinique qui sont montrés du doigt. Au total, cinq produits phytosanitaires utilisés par épandage aérien aux Antilles françaises ont été passés au crible par les scientifiques de l'Eceri.

  

Des produits extrêmement toxiques

Le propiconazole, une substance active du fongicide Tilt 250, est utilisé à différents taux de concentration en agriculture, notamment pour protéger le maïs, le rutabaga, ou encore les fruits rouges… et la banane.
Selon les auteurs de l'étude, son utilisation,  ainsi que celle du difénoconazole (présent dans le Sico, un autre fongicide)  devrait être suspendue. "Outre leur effet de perturbateur endocrinien" ces produits "sont possiblement, voire probablement cancérigènes", écrivent-ils.
 
Des études sur la toxicité du difénoconazole réalisées sur des souris ont démontré sa toxicité sur le foie des animaux, provoquant notamment des tumeurs.
Autre pesticide dont la dangerosité est soulignée par cette étude: le fenpropidine, présent dans le Gardian, réputé dangereux pour la reproduction et le fœtus. Ces trois pesticides, qui  luttent contre la cercosporiose noire, un champignon qui détruit les plantations,  se révèlent "extrêmement toxiques" pour les chercheurs.
 
 

Avis favorable pour le Banole

Les effets néfastes de ces produits sur l'environnement aquatique sont également mentionnés par les experts, qui, au nom du principe de précaution, "condamnent catégoriquement l'utilisation de ces trois produits phytosanitaires  (…) et concluent sans réserve à la nécessité d'un retrait immédiat".
 
En revanche le Banole, dont l'utilisation a souvent été dénoncée par les défenseurs de l'environnement,  bénéficie, sous réserve de contrôles stricts, d'un avis favorable.
 
Dominique Belpomme, président de l'Eceri est cancérologue. Il avait dénoncé l'utilisation du chlordécone aux Antilles dans un rapport controversé et évoquait une "bombe à retardement sanitaire".
 

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