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"Je marche pour que les femmes de demain ne vivent pas notre calvaire"

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Ce jeudi 13 mars, une grande marche est organisé à Paris et dans les grandes capitales du monde pour sensibiliser à l'endométriose. Une maladie méconnue qui touche pourtant une femme sur 10.
Elles ne sont ni douillettes, ni hypocondriaques. Elles souffrent d'endométriose, une maladie, particulièrement douloureuse. C'est le message que veut faire passer un collectif de médecins américains. Ils organisent pour la première fois une marche dans 40 capitales à travers la planète ce jeudi 13 mars. Une représentante des femmes malades de Saint-Martin doit faire le déplacement à Paris et dans le même temps, à la Réunion, un rassemblement est prévu ce même jour.

L'objectif : faire connaître la maladie, à la société, aux malades qui souvent ignorent les causes de leur souffrance, et aux médecins qui n'ont pas tous des connaissances sur le sujet. Pourtant, on estime que 180 millions de femmes dans le monde sont atteintes d'endométriose.


L'endométriose, c'est quoi ?

C'est une maladie chronique qui touche une femme sur 10, en âge de procréer. Elle se caractérise par la présence de muqueuse utérine, l'endomètre, en dehors de l'utérus. Chaque mois, lorsque les ovules n'ont pas été fécondés, les femmes évacuent ce tissu lors de saignements les règles. Mais si ces tissus sont en dehors de l'utérus, ils ne peuvent être évacués.

C'est alors que les manifestations de la maladie apparaissent : douleurs abdominales sévères, fatigue, douleurs lors des rapports sexuels, pour se rendre à la selle ou uriner ... Des souffrances particulièrement handicapantes qui nécessitent très souvent un alitement. Et dans de nombreux cas, la maladie conduit à l'infertilité des patientes.

"C'est normal de souffrir quand on à ses règles"

"Aujourd'hui, l'endométriose n'est pas incluse dans les formations médicales. Beaucoup de médecins sont incapables de la diagnostiquer " Samantha Martel est martiniquaise. Avocate à Paris, elle milite pour une plus grande sensibilisation des pouvoirs publics à la maladie. Sa propre mère souffrait elle-même d'endométriose. Samantha, avertie a donc pu être prise en charge assez tôt. Beaucoup de femmes n'ont pas cette chance. "J'ai de nombreux témoignages de femmes qui consultent des médecins et qui s'entendent répondre que 'c'est normal de souffrir quand on a ses règles' ".

Samantha martel reconnaissance




Dès l'adolescence, Samantha prend la pilule en continu et n'a donc plus ses règles, ce qui la soulage. Mais lorsqu'à 30 ans, elle décide d'avoir un enfant, les douleurs reviennent, insoutenables. "J'ai la chance d'exercer en profession libérale. J'ai pris le parti de dire la vérité et aujourd'hui, si je suis absente au travail, les gens savent pourquoi".
En revanche, nombre d'employées ont les plus grosses difficultés à se faire arrêter chaque mois. "C'est un sujet assez intime, les symptômes sont délicats à expliquer. Et les gens ont du mal à croire que vraiment, nous ne pouvons pas marcher, que chaque déplacement est une souffrance".

Une communauté se met en place

Les "endogirls" se regroupent désormais sur le web. Des forums, plusieurs pages Facebook, comme celle de Lili H contre l'endométriose rassemblent les malades, distille des conseils et surtout des adresses de spécialistes. Car la radio nécessaire à tout dépistage doit être effectuée par un spécialiste.

Dans le cas contraire, le médecin peut ne pas déceler la maladie, renvoyer la patiente et ses souffrances chez elle. C'est ainsi que nombre de femmes ont mis des années avant de mettre un nom sur leurs douleurs.

Jeudi, Samantha sera devant la Gare Montparnasse à Paris pour le départ de la marche parisienne. Au-delà d'une véritable reconnaissance de la maladie par le corps médical, elle demande, avec les marcheuses et marcheurs, la création d'un pôle de référence sur l'endométriose dans les hôpitaux, une meilleure reconnaissance sociale et que la maladie soit reconnue comme invalidante, au même titre qu'un travailleur handicapé.

Samantha Martel 2






 
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