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Affaire Bino : retour en images sur le procès de Ruddy Alexis à Paris

Le procès en appel de Ruddy Alexis s’est ouvert le 2 avril aux assises de Paris. Il est accusé d’avoir tué le syndicaliste guadeloupéen Jacques Bino dans la nuit du 17 au 18 février 2009 à Pointe-à-Pitre. Qui sont les protagonistes de ce procès houleux ? La réponse en images.

Palais de justice de Paris © LS
© LS Palais de justice de Paris
  • Par Léia Santacroce
  • Publié le , mis à jour le
Retour en images sur le procès en appel de Ruddy Alexis. Les audiences se déroulent à cheval entre la Guadeloupe et la cour d'assises de Paris depuis le 2 avril. Le verdict est attendu vendredi. 

L'accusé : Ruddy Alexis

Ce Guadeloupéen de trente-neuf ans est né aux Abymes. Il a grandi à Pointe-à-Pitre dans la cité Henri IV, ce même quartier populaire où Jacques Bino a trouvé la mort. Ruddy Alexis est le père de deux enfants. Installateur en équipements électriques, il est actuellement au chômage. Il est accusé d’avoir tiré sur le syndicaliste Jacques Bino dans la nuit du 17 au 18 février 2009. Acquitté en première instance en 2012, il ne cesse de clamer son innocence. Il a passé près de 45 mois en rétention entre 2009 et 2012.
Ruddy Alexis, le 2 avril 2014 à Paris © LS
© LS Ruddy Alexis, le 2 avril 2014 à Paris
Le 31 mars, jour auquel le procès aurait dû débuter, il s’est présenté au tribunal de Basse-Terre, faisant valoir qu’il ne pouvait pas payer son billet d’avion. Il a alors reçu un "mandat d’amener". C’est donc entre deux gendarmes qu’il est arrivé à Paris, mais il comparaît libre. En première instance, l’avocate générale en Guadeloupe avait requis 18 à 20 ans de prison à son encontre.

Dans le rôle de l'avocat général : Philippe Courroye

Philippe Courroye en 2010 à Nanterre alors qu'il était encore procureur © AFP PHOTO / FRED DUFOUR
© AFP PHOTO / FRED DUFOUR Philippe Courroye en 2010 à Nanterre alors qu'il était encore procureur
Philippe Courroye, avocat général à la cour d’appel de Paris, ex-procureur de Nanterre (en charge de l’affaire Bettencourt). Il ne semble absolument pas convaincu par les arguments de la défense. Quand Ruddy Alexis lui affirme qu’il utilise les cartouches retrouvées dans son jardin pour faire des maracas, Philippe Courroye réprime un sourire. Tout ce qui touche à l'expertise balistique semble l'intéresser de très près. A plusieurs reprises au cours du procès, il a fait valoir qu'il "connaissait bien les balles Brenneke".
 

Le décor : la salle n°3 des assises de Paris

Cour d'assises de Paris, salle n°3, c'est là que se déroule le procès en appel de Ruddy Alexis © LS
© LS Cour d'assises de Paris, salle n°3, c'est là que se déroule le procès en appel de Ruddy Alexis
Le procès en appel de Ruddy Alexis se déroule dans cette salle moderne au parquet qui grince. L'accusé comparaît libre, sur la chaise noire que l'on aperçoit en bas de l'image à gauche. Chaque matin à 9h30, la sonnerie retentit et les neuf jurés - sept hommes, deux femmes - prennent place sur les sièges que l'on peut voir au fond de la salle. Au centre, c'est la place du président, Régis de Jorna. Sur l'écran de télévision que l'on distingue en haut de l'image, des photos sont parfois diffusées. C'est surtout sur cet écran qu'ont lieu les séances de visioconférence, non sans problèmes techniques : témoins inaudibles, visages coupés en deux, pertes de connexion, etc.


Les victimes

Jacques Bino, à qui Frédéric Gircour et Nicolas Rey dédient leur ouvrage "LKP Guadeloupe : le mouvement des 44 jours" © LS
© LS Jacques Bino, à qui Frédéric Gircour et Nicolas Rey dédient leur ouvrage "LKP Guadeloupe : le mouvement des 44 jours"
Jacques Bino. Il était fonctionnaire des impôts et syndicaliste de la CGT-G. La 17 février 2009, il revenait en voiture d'un meeting syndical quand il est passé par la Cité Henri IV, quartier populaire de Pointe-à-Pitre. Il a reçu une décharge mortelle de balle Brenneke calibre 12. L'arme du crime n'a jamais été retrouvée.

Peter O'Brien, le 4 avril aux assises de Paris © LS
© LS Peter O'Brien, le 4 avril aux assises de Paris
Peter O’Brien. Il se trouvait dans la voiture aux côtés de Jacques Bino le soir de sa mort. Il était visé par un deuxième tir, mais n’a pas été touché. Ruddy Alexis comparaît pour tentative de meurtre à son encontre. Petre O’Brien a passé trois heures avec le cadavre avant que la police n’arrive. "Trois heures qui lui ont semblé trois siècles" a-t-il déclaré à la barre le premier jour. Pour Peter O'Brien, le dépaysement est une bonne chose. "L’ambiance est beaucoup plus sereine ici que lors du premier procès", affirme-t-il. 


Les avocats de la partie civile

Maître Malouche, avocat de Peter O'Brien © LS
© LS Maître Malouche, avocat de Peter O'Brien
Maître Malouche, avocat de Peter O’Brien. Il a fait le déplacement depuis la Guadeloupe, il est très satisfait que le procès puisse se dérouler à Paris. 

Me Patrice Tacita, le lundi 31 mars à Paris © LS
© LS Me Patrice Tacita, le lundi 31 mars à Paris
Maître Patrice Tacita, avocat des membres de la famille de Jacques Bino qui se sont portés parties civiles (dont sa femme et son fils). Lors de sa plaidoirie le 10 avril, il a rappelé que Jacques Bino était un "ami d'enfance". Patrice Tacita ne s'en cache pas, il a été un sympathisant du LKP. Il également est très proche de Maître Démocrite, avocat de la défense. Dans ce procès, les camps de la défense et de la partie civile sont très courtois l’un envers l’autre, ce qui semble parfois surprenant. 

Maître Guylène Nabab, à Paris le 8 avril © LS
© LS Maître Guylène Nabab, à Paris le 8 avril
Maître Guylène Nabab, collaboratrice de Me Tacita. Elle est venue lui prêter main forte pour la deuxième semaine du procès. Pour elle, il s'agit du "procès du siècle pour la Guadeloupe". Lors de sa plaidoirie le 10 avril, elle n'a eu de cesse de marteler que Ruddy Alexis était un "menteur".

Maître Feliho, le 9 avril à Paris © LS
© LS Maître Feliho, le 9 avril à Paris
Maître Feliho. Me Patrice Tacita l'a appelé en renfort dès le début du procès. 

Dans le camp de la défense

Maître Daniel Démocrite, le 3 avril, jour de son arrivée à Paris © LS
© LS Maître Daniel Démocrite, le 3 avril, jour de son arrivée à Paris
Maître Daniel Démocrite. L’avocat guadeloupéen est arrivé à Paris le 3 avril au matin, pour le deuxième jour du procès. En première instance, c’est lui qui avait fait acquitter Ruddy Alexis, qu’il considère "comme son fils". Il est vivement opposé à la délocalisation du procès à Paris. A chaque problème technique de la visioconférence, il rappelle au président de la Cour, Régis de Jorna, que le procès aurait pu se tenir en Guadeloupe.
 
Me Ernest Daninthe, au palais de justice de Paris le 10 avril © LS
© LS Me Ernest Daninthe, au palais de justice de Paris le 10 avril
Le Guadeloupéen Ernest Daninthe. Il est arrivé le lundi 7 avril au matin pour attaquer la deuxième semaine de procès. Il fait partie des "avocats historiques" de Ruddy Alexis qui avaient fait acquitter leur client en première instance en 2012.

Me Edmond-Mariette, au palais de justice de Paris le 10 avril © LS
© LS Me Edmond-Mariette, au palais de justice de Paris le 10 avril
Maître Philippe Edmond-Mariette. Ancien député martiniquais, il a choisi de se consacrer à sa carrière d’avocat. Il est arrivé le dimanche 6 avril à Paris pour défendre Ruddy Alexis. Comme ses confrères, il est vivement opposé au dépaysement du procès. Le 10 avril, à la veille du verdict, ils ont réclamé ensemble que la cour se rende en Guadeloupe pour mieux appréhender les lieux du drame. Sans surprise, le président a rejeté cette demande.

Me Sanjay Mirabeau au palais de justice de Paris le 10 avril © LS
© LS Me Sanjay Mirabeau au palais de justice de Paris le 10 avril
Maître Sanjay Mirabeau, avocat de Ruddy Alexis. Le 2 avril, jour de l’ouverture officielle du procès, il a tout mis en œuvre pour faire le faire renvoyer. Il a assuré, seul, la défense de Ruddy Alexis avant que n’arrive Me Démocrite. Il s’est fait remarquer récemment pour avoir défendu Dieudonné.

Témoins et soutiens de Ruddy Alexis

Alex Lollia, le 31 mars aux assises de Paris © LS
© LS Alex Lollia, le 31 mars aux assises de Paris
Alex Lollia, professeur de philosophie et syndicaliste de la CTU (Central des Travailleurs Unis). Témoin de la défense, il a été entendu à la barre le vendredi 4 avril. Il a raconté devant la Cour son agression du 16 février 2009. Alex Lollia s’est fait tabasser par des policiers, mais il affirme que cet événement n’est pas à l’origine des violences qui ont suivi en Guadeloupe. En effet, l’une des hypothèses de l’accusation consiste à dire que Ruddy Alexis aurait voulu "casser du flic" en guise de représailles, confondant la voiture de Jacques Bino avec un véhicule banalisé de la BAC.
 
Frédéric Gircour, au palais de justice de Paris le 10 avril © LS
© LS Frédéric Gircour, au palais de justice de Paris le 10 avril
Frédéric Gircour, enseignant et bloggeur en Guadeloupe. Témoin de la défense, il a été entendu le 9 avril à la barre. Il s'est étonné que de nombreuses pistes annexes n'aient pas été étudiées. Parmi elles, la thèse étatique ou celle d'une milice patronale. Il est l’auteur de LKP Guadeloupe : le mouvement des 44 jours et alimente le blog Chien créole 3.

Jean-Yves Saint-Clair (à gauche) et Philippe Sioul (à droite), le 9 avril à Paris © LS
© LS Jean-Yves Saint-Clair (à gauche) et Philippe Sioul (à droite), le 9 avril à Paris
Jean-Yves Saint-Clair (à gauche) était à l’école avec Ruddy Alexis quand ils étaient plus jeunes. Aujourd’hui, il est syndicaliste à la RATP. Philippe Sioul (à droite) est syndicaliste à la mairie de Paris. Ses enfants étaient en classe avec Ruddy Alexis. Depuis le début du procès, l’un et l’autre sont chargés de mobiliser la communauté ultramarine en Ile-de-France et dans l’hexagone pour soutenir leur ami accusé.
 
Ruddy Alexis et Mgr Jacques Gaillot (à droite sur la photo) © LS
© LS Ruddy Alexis et Mgr Jacques Gaillot (à droite sur la photo)
Monseigneur Jacques Gaillot. Cet évêque engagé a accepté d’héberger Ruddy Alexis dans la Maison des Spiritains à Paris, le temps du procès. Pour lui, "il s’agit d’un procès colonial".

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