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Meurtre de Jacques Bino : 15 à 18 ans de prison requis contre Ruddy Alexis

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L'avocat général Philippe Courroye (photo archives 2010) ©FRED DUFOUR/AFP
L'avocat général Philippe Courroye a requis vendredi aux assises de Paris une peine de 15 à 18 ans de réclusion criminelle à l'encontre de Ruddy Alexis, accusé du meurtre d'une figure du syndicalisme guadeloupéen, Jacques Bino, en 2009 à Pointe-à-Pitre. 
M. Alexis, 39 ans, est jugé en appel pour le meurtre de Jacques Bino, tué dans sa voiture dans la nuit du 17 au 18 février 2009, lors d'émeutes au cours de la grève générale de 44 jours qui avait paralysé l'île. Acquitté en première instance par la cour d'assises de la Guadeloupe, à Basse-Terre, il est également accusé de tentative de meurtre sur un homme qui accompagnait la victime et était sorti indemne du véhicule.

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"La taille, du quatrième étage, c'est subjectif"

Au terme de neuf jours d'audience marqués par des témoignages souvent confus et les dénégations de l'accusé, l'avocat général a rappelé que trois témoins avaient assuré avoir vu Ruddy Alexis tirer, ce soir-là, à l'endroit d'où est parti le projectile mortel.
 
La défense avait, elle, mis en avant un autre témoignage, qu'elle présentait comme décisif, celui d'une riveraine disant avoir vu, depuis son appartement, tirer un homme de grande taille, quand M. Alexis est de petite taille. Mais M. Courroye a estimé que "la taille, du quatrième étage, c'est subjectif".


L'avocat général a également rappelé que M. Alexis avait menti à plusieurs reprises lors de ses auditions par la police, niant notamment sa présence sur les lieux ce soir-là avant que l'analyse de la téléphonie ne le confonde. Pour lui, les propos de l'accusé sont placés "sous le signe de l'incohérence et de la dissimulation de la vérité".
 

"Une vie, c'est une vie"

Philippe Courroye estime que l'accusé s'est senti, ce 17 février 2009, "investi" d'une mission. La veille, un leader syndicaliste guadeloupéen, Alex Lollia, avait été hospitalisé, affirmant avoir été agressé par les forces de l'ordre.


Très proche de ce syndicaliste, Ruddy Alexis se serait alors transformé en "Rambo", marqué par cet incident et sous l'empire d'une personnalité impulsive et violente, selon l'avocat général. Pensant tirer sur un véhicule de police, il aurait alors fait feu sur la voiture de Jacques Bino.
 
"Que ce soit un policier ou un syndicaliste, une vie, c'est une vie. Ce soir-là, ça aurait pu être n'importe qui", a poursuivi le représentant du ministère public. L'arme du crime, un fusil de chasse, n'a jamais été retrouvée. Le verdict est attendu vendredi en fin de journée.

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