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Les élections provinciales de Nouvelle-Calédonie en cinq questions

Ce dimanche 11 mai, les électeurs de Nouvelle-Calédonie votent pour les élections provinciales. Un scrutin crucial pour l'avenir du territoire car il s'agit des dernières élections de l'accord de Nouméa. Et le résultat est incertain. Pour comprendre les enjeux, c'est par ici.

  • la1ere.fr avec AFP et NC1ere
  • Publié le , mis à jour le

Les élections provinciales, qu'est-ce que c'est ?

La Nouvelle-Calédonie est divisé en trois provinces : sud, nord et îles Loyauté. Ces provinces ont été crées en 1988  par les accords de Matignon qui ont mis fin aux violences qui ont ensanglanté la Nouvelle-Calédonie pendant les années 80. Chacune de ces provinces dispose d'une Assemblée dont les membres sont élus pour cinq ans. C'est pour élire les membres de ces trois assemblées que les électeurs de Nouvelle-Calédonie se rendent aux urnes ce dimanche 11 mai. 
54 des 76 élus des trois Provinces calédoniennes siègent également au Congrès de Nouvelle-Calédonie, une instance qui doit, dans les quatre années qui viennent, organiser l'avenir de la Nouvelle-Calédonie. 


Pourquoi ces élections territoriales sont particulièrement importantes ?

Ce scrutin est l'ultime mandat de l'accord de Nouméa, signé en 1998 entre l'Etat, les anti-indépendantistes et les indépendantistes. Cet accord de Nouméa organise le processus de décolonisation avec des transferts progressifs des compétences de l'Etat aux institutions locales.

Le Congrès qui sortira des urnes ce dimanche pourra, à condition de réunir les 3/5èmes de ses membres, organiser entre 2014 et 2018 un référendum d'autodétermination. Si les élus du Congrès ne le font pas, l'Accord de Nouméa prévoit que c'est l'Etat qui, d'autorité, organisera ce référendum en 2018.



Qui vote à ces provinciales ? 

Dimanche, seules les électeurs inscrits sur une liste électorale spéciale auront le droit de voter. C'est encore une fois l'Accord de Nouméa qui a organisé cette spécificité calédonienne. En vertu du processus de décolonisation, seuls peuvent voter aux élections provinciales les "citoyens" calédoniens, c'est à dire les habitants installés en Nouvelle-Calédonie depuis au minimum novembre 1998, au terme de dix ans de résidence. 

Concrètement, sur les 260 000 habitants de Nouvelle-Calédonie, 175 514 sont inscrits sur les listes électorales "classiques", mais seuls 152 462 pourront voter aux Provinciales, car ils résident depuis au moins 1998 sur le Caillou. 23 000 électeurs sont donc exclus de ces élections, car installés en Nouvelle-Calédonie après 1998.  

Mais cette "liste électorale spéciale" a provoqué de vives tensions entre les différents mouvements politiques. Les indépendantistes du FLNKS ont déposé  plus de 5 600 demandes de radiations d'électeurs inscrits sur cette liste électorale spéciale. Roch Wamytan, président indépendantiste du Congrès, a dénoncé des "tripatouillages et des fraudes" sur ces listes électorales. Il a alerte l'Organisation des Nations Unies, car la Nouvelle-Calédonie est inscrite sur la liste des pays à décoloniser. 

En face, les anti-indépendantistes  ont dénoncé un mauvais coup porté à la "communauté de destin" des différentes communautés. 

Au final, sur les 5 600 demandes de radiation portées par les indépendantistes, seules 300 ont été validées par la justice. Mais ce dossier du droit de vote demeure un sujet très sensible qui ressurgira sans aucun doute lors des prochaines échéances électorales.


Quelles sont les forces en présence ?

Aucun sondage n'a été réalisé durant la campagne électorale. Mais les indépendantistes, qui disposent dans le Congrès actuel de 23 des 54 sièges, pourraient progresser à l'occasion de ces Provinciales. Pour la première fois depuis des années, les sept partis indépendantistes ont en effet réussi à bâtir une liste unitaire dans la province sud, la plus importante en nombres d'élus (32 des 54 sièges du Congrès). Jusqu'ici, les indépendantistes n'ont que quatre des 40 sièges de l'Assemblée de la province sud. 

Au sein de la droite non-indépendantiste, la division est au contraire plus forte que jamais. Elle ne parvient pas à s'entendre sur une alternative commune face au référendum qui s'annonce d'ici 2018. Les non-indépendantistes conserveront sans aucun doute la majorité au sein de la Province sud, mais les rivalités, querelles, inimitiés et calculs, pourraient déboucher, comme d'ailleurs chez les indépendantistes, sur des majorités pourraient fluctuer. 


Que se passera-t-il après les Provinciales du 11 mai ?

A l'issue de ces élections provinciales, le Congrès nouvellement élu se réunira pour la première fois le 23 mai prochain. Il désignera son président.
Le Congrès a également la charge d'élire les onze membres du Gouvernement collégial de Nouvelle-Calédonie

Mais que se passera-t-il après 2014 ? c'est la question que Nouvelle-Calédonie 1ère a posé à six dirigeants politiques de Nouvelle-Calédonie, leurs réponses en vidéo sont à découvrir par ici
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Les résultats des provinciales à suivre sur Nouvelle-Calédonie 1ère en direct !

Pour en savoir plus sur ces élections provinciales, tous les articles de NC 1ère sont à lire par ici. Dés dimanche matin à 9h, heure de Paris, rendez-vous sur la page spéciale élections de NC 1ère pour suivre les résultats de ces élections provinciales en temps réel. 

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