Tatoueurs et tatoués au musée du Quai Branly

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Tatouage dit « chicano », né dans les prisons californiennes ©Philippe Triay/FTV
Depuis le 6 mai et jusqu’au 18 octobre 2015, le musée du Quai Branly à Paris accueille une exposition consacrée à l’histoire et au renouveau du tatouage. Visite. 
Le tatouage existe depuis les millénaires. Marque rituelle ou initiatique, signe de reconnaissance, de punition ou d’infamie, les hommes, quasiment dans toutes les sociétés humaines, ont eu recours au tatouage. En Europe, il fut longtemps considéré comme un signe d’exclusion sociale avant de devenir à la mode. En Asie, les tatouages étaient l’apanage de la pègre, alors qu’en Océanie il définissait un certain statut social. En Amérique latine, il représente parfois dans une extrême sophistication des signes de reconnaissance des gangs.   
 
L’exposition « Tatoueurs, tatoués » du Quai Branly raconte ces itinéraires, en explorant les champs anthropologiques et psychologiques du tatouage. Sans oublier bien sûr sa dimension artistique. Divisée en cinq sections, l’expo fait un tour du monde historique de la pratique du tatouage, de sa forme thérapeutique à son marquage identitaire et créatif.
 
« Notre propos n’est pas de rendre compte du regard que porte la société ou l’art contemporain sur le tatouage » expliquent Anne et Julien, les commissaires d’exposition et fondateurs de la revue Hey !, « mais bien d’explorer un monde intérieur, un univers opaque dont nous ouvrons petit à petit les écoutilles et dont les principes ont été protégés par les tatoués mais surtout par les tatoueurs. »
« La singularité de l’exposition est bien là. Tatoueurs et tatoués ont écrit et incarné à eux seuls l’ensemble des codes et des valeurs véhiculés par le tatouage ; on leur doit aujourd’hui la magnificence de cet art ». 
 
Le parcours de l’exposition, qui comporte de nombreuses photographies, des vidéos, ainsi que des œuvres originales (projets de tatouages sur toile ou sur volumes en silicone) est ouvert tous les jours sauf le lundi. (Horaires sur le site du musée du Quai Branly ici).
 
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©Philippe Triay/FTV
Ci-dessus, le boxeur Yonyuk Watchiya « Sua » (Thaïlande), photographié par Cédric Arnold. Agé de 37 ans, Yonyuk est un entraîneur de boxe thaïlandaise. Il porte le surnom de tigre (« sua ») dont il a de nombreuses représentations sur son corps.
 
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©Philippe Triay/FTV
Séries Maras, par Isabel Munoz (Espagne, 2006, collection de l’artiste).
Cette photo a été prise dans une prison du Salvador où la photographe a réalisé des portraits de membres de gangs ultraviolents (les « maras »). Pour montrer leur appartenance au gang, ces derniers affichent des tatouages offensifs. Une partie de ces « maras » (gangs en argot salvadorien) sévit notamment à Los Angeles en Californie, où ils ont émigré dans les années quatre-vingt.
 
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©Philippe Triay/FTV
Tatouages des Philippines (photo de Lars Krutak, 2012).
 
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©Philippe Triay/FTV
Le Maori Dion Hutana (Nouvelle-Zélande, 1997), photographié par Hans Neleman.
 
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©Philippe Triay/FTV
Tatouage dit « brodé » en Mélanésie, photographié par Edmond Demaître dans les années trente. 
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