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Les tirailleurs kanak dans la première Guerre mondiale

Entre 1914 et 1918, un millier de soldats kanak participèrent à la première Guerre mondiale au sein du Bataillon des tirailleurs du Pacifique. Le site Internet de la Mission du centenaire raconte leur périple. 

Tirailleurs kanak durant la première Guerre mondiale © Archives de Nouvelle-Calédonie
© Archives de Nouvelle-Calédonie Tirailleurs kanak durant la première Guerre mondiale
  • Par Philippe Triay
  • Publié le , mis à jour le
Afin de commémorer le centenaire de la première Guerre mondiale et dans un souci pédagogique, le gouvernement a mis en place une Mission du centenaire. Sur son site Internet, la Mission comporte un volet consacré à l’Outre-mer incluant notamment deux articles consacrés à la Nouvelle-Calédonie dans la guerre.
 
L’un d’entre eux, intitulé « Des tirailleurs kanak au Chemin des Dames », s’intéresse plus particulièrement à l’histoire du bataillon du Pacifique, constitué de Kanak et de Tahitiens. « Colonisés depuis soixante ans à la déclaration de guerre, les Kanak, autochtones de Nouvelle-Calédonie, étaient alors isolés dans les Réserves par le régime de l’indigénat, leurs relations sociales soumises à "la coutume" », rappelle l’historienne Sylvette Boubin-Boyer, l’auteur de l’article.
 

Troupes supplétives 

Au déclenchement de la guerre, la France a besoin d’hommes. « Le 29 décembre 1915, le gouverneur Repiquet arrête, pour les indigènes de Nouvelle-Calédonie, les Kanak, l’application du décret sur le recrutement des tirailleurs sénégalais. Après des campagnes de recrutement parfois excessives, en partie à l’origine du déclenchement de la révolte indigène de 1917 au centre de la Grande Terre, 1078 tirailleurs kanak partiront pour la métropole. »
 
Ces tirailleurs ne formeront pas d’unités constituées et seront utilisés comme troupes supplétives selon les besoins, galvanisés par l’alcool qui leur est fourni et les prêches des ministres indigènes des cultes protestant et catholique, soudés également par leurs croyances ancestrales. Sur les 1078 Kanak recrutés sur 1137 actes d’engagement recensés, 382 mourront ou disparaîtront durant la guerre, soit 35,34 % des engagés.
 
« A deux reprises, des Kanak participent aux offensives dites du Chemin des Dames (zone d'intenses combats durant la première Guerre mondiale, ndlr)», précise Sylvette Boubin-Boyer. « En 1917 et 1918, des supplétifs kanak, individuellement (lanceurs de grenades) ou par petits groupes (brancardiers), sont affectés à divers régiments, comme le 6e RIC et, avec des bataillons de tirailleurs sénégalais, participent à la défense du secteur de Cerny en Laonnois ; ou bien, au sein du 418e RI, ils prennent part aux combats sur le front de l’Ailette ».
 
Pour aller plus loin : La suite « Des tirailleurs kanak au Chemin des Dames » est à lire ici, sur le site de la Mission du centenaire 14-18.
 
Photo : Tirailleurs kanak en instruction aux alentours de Nouméa, dans l’attente d’un navire pour la France. (Musée de la ville de Nouméa) 
© Musée de la ville de Nouméa
© Musée de la ville de Nouméa

 

A lire également : La Nouvelle-Calédonie dans la Grande guerre 

A voir : Cartes postales et photographies de Nouvelle-Calédonie durant la guerre
Cartes postales et photos de familles calédoniennes, rassemblées par le Musée de la ville de Nouméa 

Le site de la Mission du centenaire 14-18

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