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Procès Elisor "Vous n'êtes pas obligée d'être désagréable, Maître!"

De nombreux témoins de la partie civile se sont succédé en ce deuxième jour du procès des meurtriers présumés du Guadeloupéen Claudy Elisor. A plusieurs reprises, les proches de la victime ont eu du mal à retenir leurs larmes

Francoise Phobere en conversation avec son avocat Me Benaiem © MK / la1ere.fr
© MK / la1ere.fr Francoise Phobere en conversation avec son avocat Me Benaiem
  • Par Maïté Koda
  • Publié le , mis à jour le
Il est 16h15 ce lundi 19 mai. L'un des convives, présent à la soirée du 31 décembre 2010, témoigne devant la cour. Toute la journée, lui et d’autres, ont décrit ce qu'ils ont vu cette fameuse nuit dans la salle des fêtes du Château d’Egypte, au Blanc Mesnil (93). Comment une soirée antillaise, réunissant plusieurs générations, a pu tourner à l’opération commando, entraînant la mort de Claudy Elisor, ce DJ d'origine guadeloupéenne.
 

Les larmes de la famille Elisor

C’en est trop pour Fabienne Elisor, la veuve de la victime. Dans un long sanglot, elle s’effondre, le souffle entrecoupé. Sa mère, Françoise Phobere la prend dans ses bras. Les deux femmes quittent la salle, l’audience est suspendue.
Quelques instants plus tard, c’est encore Françoise Phobere qui prendra soin de son autre fille après la sortie précipitée de cette dernière, choquée par les photos de l’autopsie.
 

"La galette des rois en forme de poisson"

Françoise Phobere, elle, a déjà témoigné, depuis 10 heures du matin. Cette petite femme de 63 ans - qui en paraît bien quinze de moins - a raconté, elle aussi, la nuit du drame. A la barre, elle a agité sa silhouette menue, volubile, ponctuant ses propos de grands gestes. Elle a eu peur d’en oublier. Alors, elle est entrée dans les moindres détails, a tenu à préciser que "la galette des rois était en forme de poisson".
Quand il  a fallu décrire le faciès de son gendre après l'agression, l'aide-soignante à la retraite a parlé d'un visage  tuméfié, "méconnaissable", "qui a triplé de volume". Le père de Claudy Elisor, en larmes, s'est levé pour sortir.
 

Du rhum, du whisky, et du punch maison

Face à Françoise Phobere, Me Amèle Bentahar. Elle assiste Alassane Diop, accusé, tout comme Amadou Fall, d’avoir participé à l’expédition meurtrière.
Les questions s'enchaînent. "Avez-vous servi de l’alcool pendant la soirée, et en quelle quantité ? "
Du tac au tac, Françoise Faubert énumère les boissons à disposition " Y avait du rhum, du whisky, du Champomy… "
"Je vous parle des boissons alcoolisées, Madame Phobere", répond l'avocate, visiblement agacée.
"Mais, ça va avec", poursuit la belle-mère de Claudy Elisor avant de la couper quelque temps plus tard: "Ah et il y avait du punch maison aussi. Du punch maison" insiste-t-elle en agitant son index.
 

L'avocate s'excuse

L'interrogatoire dure. Plus Me Bentahar la presse de questions, exige des réponses précises, plus Françoise Phobere accélère son débit, remue les bras et se répand en ellipses.  A tel point que l'avocate se fait reprendre par le président : "Mais.. vous n'êtes pas obligée d'être désagréable Maitre!"
 
Me Bentahar s'excuse, les débats reprennent. Françoise Phobere, articule, parle de façon bien audible. Elle arc-boute son petit corps à la barre, continue de donner le maximum d'informations possible, de crainte d'oublier l'essentiel.
Enfin, l'avocate n'a plus de questions. Françoise Phobere regagne son siège, aux côtés de sa fille.
A son tour, elle éclate en sanglots, et quitte la salle.

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