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Meurtre de Claudy Elisor : le condamné ne fait finalement pas appel !

faits divers
Claudy Elisor
Claudy Elisor, tué dans la nuit de la Saint-Sylvestre entre 2010 et 2011, au cours d'une soirée privée près de Paris. ©page facebook C.Elisor
Il n'y aura finalement pas de procès en appel dans l'affaire du meurtre du DJ Antillais Claudy Elisor. Le principal accusé du crime, qui a été condamné la semaine dernière à 18 ans de prison, annonce qu'il renonce à faire appel. Un revirement étonnant. 
Condamné à 18 ans de prison, le principal accusé du meurtre de Claudy Elisor, DJ antillais lynché par des jeunes en 2011 au Blanc-Mesnil, en banlieue parisienne, s'est désisté mercredi de son appel, entraînant l'annulation d'un nouveau procès, a-t-on appris de source judiciaire. "Par un acte signé ce jour au greffe de la maison d'arrêt, Amadou Fall s'est désisté de son appel", a déclaré à l'AFP une source au parquet général.


"Verdict très sévère et décevant"

Amadou Fall, 24 ans, avait été condamné jeudi dernier, 22 mai, par la cour d'assises de Seine-Saint-Denis pour le meurtre du Guadeloupéen Claudy Elisor, père de famille de 33 ans et DJ amateur qui animait bénévolement une soirée à l'occasion du Nouvel An 2011. Son coaccusé, également poursuivi pour meurtre, avait été acquitté. Jugeant le verdict "très sévère et décevant", les avocats d'Amadou Fall avaient annoncé vendredi que leur client faisait appel.

"Il a réfléchi", a réagi mercredi son avocat Me Gilles-Jean Portejoie, "Si son choix est de se désister, il faut le respecter".

le Parquet général ne fait plus appel

Le parquet général, qui avait fait appel lundi de l'acquittement du second accusé, a précisé qu'il annulerait son appel lorsque le désistement de d'Amadou Fall serait devenu "irrévocable". Les deux hommes ne seront donc pas rejugés par une cour d'appel.

Rappel des faits

Libéré en février à la faveur d'une rarissime erreur de fax au tribunal de Bobigny qui avait fait grand bruit, Amadou Fall avait été présenté lors du procès comme "le chef, le leader". "Celui qui frappe le premier et s'acharne, ne vise que la tête" de Claudy Elisor, avait déclaré l'avocate générale, Anne-Laure Brutin. Mais dans leurs plaidoiries, les avocats de la défense avaient souligné les carences d'une enquête qui n'aura permis d'identifier, sans certitude absolue, que deux agresseurs dans un groupe au moins trois fois plus large.

Vingt ans d'emprisonnement avaient été requis contre Amadou Fall et huit ans contre Alassane Diop dans cette affaire qui avait soulevé une vive émotion et suscité l'intervention du président de l'époque, Nicolas Sarkozy, promettant que les coupables seraient "retrouvés et sévèrement punis".

A l'issue du procès, la veuve de Claudy Elisor s'était dite "déçue" qu'une seule condamnation ait été prononcée. "On va dire qu'on en a eu +un sur x+" parmi les multiples agresseurs, avait déclaré Fabienne Elisor.
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