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Carnet de Coupe : quand le Brésil se fige

Nicolas Ransom, journaliste qui vit au Brésil, continue à nous raconter au quotidien ce qu'on ne voit pas à la télé : la Coupe du monde vue de l'intérieur, avec les Brésiliens de la rue. Aujourd'hui : le match de la Seleçao qui a transformé Rio de Janeiro en vaste désert. 

© Nicolas Ransom
© Nicolas Ransom
  • Nicolas Ransom/la1ere.fr
  • Publié le , mis à jour le
Hier, c'était un jour pas comme les autres au Brésil. Un jour férié. Pourtant sur le calendrier, pas de fête religieuse ni de commémoration de l'indépendance. Non, rien de tout ça. "Juste" un match de foot.
Hier, la Seleçaõ jouait et le pays s'est arrêté.

Pas d'embouteillages

Dès le matin, j'ai senti que quelque chose se passait. Dans le parking de l'immeuble : personne. Sur la route vers le centre-ville, pas d'embouteillages, pas de klaxons, pas de laveurs de pare-brise aux feux rouges. Banques, écoles, administrations... Tout est fermé. Rio, d'habitude si bouillonnante semble anesthésiée. Les rues de l'hyper-centre sont vides.

À mon arrivée au bureau, je croise Paulo, le portier de l'immeuble. Tiens, lui, il travaille... Bien obligé. Mais aujourd'hui, il a pris sa télé avec lui. "Pas question que je loupe le match. J'aimerais mieux le regarder en famille à la maison, mais il faut bien bosser...
Paulo a amené sa télé au boulot © Nicolas Ransom
© Nicolas Ransom Paulo a amené sa télé au boulot


Les commerces ferment à midi

Il est midi. Les poubelles sont déjà sur les trottoirs et les rares commerces ouverts en ce jour férié viennent de baisser le rideau.
© Nicolas Ransom
© Nicolas Ransom


"Il n'y a que la CBF qui gagne de l'argent"

Antonio, lui, fait de la résistance. En règle générale, son petit restaurant tourne bien. Environ soixante couverts tous les midis. Ce mardi, il en a fait six. Accoudé au comptoir, dans son restaurant vide, Antonio fait la moue. " Pendant la Coupe du monde, il n'y a que la CBF (ndlr : la fédération brésilienne de foot) qui gagne de l'argent !"

Installé en centre-ville, bien loin du "Fan Fest" de Copacabana, Antonio s'attend à voir son chiffre d'affaires divisé par deux ce mois-ci... Mais il reste beau joueur. Les jours fériés ? "C'est nécessaire. Mes employés ne comprendraient pas de devoir travailler quand il y a match."
Antonio dans son restaurant désert © Nicolas Ransom
© Nicolas Ransom Antonio dans son restaurant désert

En ce moment, ils sont gâtés, les employés d'Antonio. Car, si ce matin, le Brésil a repris un rythme normal... Pas Rio.
Il faut dire qu'à Rio, tout est différent : les jours fériés, c'est à chaque match du Brésil, mais pas seulement. C'est aussi à chaque match au Maracana. Une mesure prise par la mairie pour éviter les embouteillages monstres dans la ville. Résultat aujourd'hui, c'est encore férié.

Et puis demain également... Car demain, c'est "Corpus Christi", une des plus importantes fêtes religieuses au Brésil.
Si Dieu s'y met aussi...

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