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Gaston Flosse, relaxé dans l'affaire de l'atoll d'Anuanuraro, n'en a pas fini avec la justice

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Gaston Flosse, en juin 2014 ©AFP/GREGORY BOISSY
Le président de la Polynésie française Gaston Flosse a été relaxé, mardi 2 septembre, dans l'affaire de l'atoll Anuanuraro, dans laquelle il était soupçonné notamment de détournement de fonds publics. Mais il a un nouveau rendez-vous judiciaire crucial dès jeudi devant la cour d'appel de Papeete
L'affaire de l'atoll d'Anuanuraro, dans laquelle Gaston Flosse vient d'obtenir une relaxe, remontait à 2002. A cette époque, il présidait déjà la Polynésie française. Il était soupçonné d'avoir fait acquérir l'atoll en question par la Polynésie française pour venir en aide au roi de la perle noire, Robert Wan, alors en difficulté financière. Les estimations du prix de l'atoll étaient passées d'1,2 à 6,4 millions d'euros en quelques semaines, avant que la collectivité ne l'achète 7,1 millions d'euros à Robert Wan, ami de Gaston Flosse et qui admet avoir financé son parti politique.
 
 

Gaston Flosse absent lors du délibéré

A la fois président de la Polynésie française et sénateur (DVD), Gaston Flosse, 83 ans, n'a pas assisté au délibéré. Son avocat, Me François Quinquis, a estimé que l'opportunité d'acheter l'atoll, et son prix, relevaient exclusivement "de la compétence du politique". Le parquet avait requis à l'encontre de Gaston Flosse deux ans de prison ferme, 5 ans d'inéligibilité et 84.000 euros d'amende pour complicité par instruction et détournement de fonds publics.

Lors du procès, en juin, plusieurs personnalités politiques locales de premier plan avaient comparu à ses côtés. Parmi elles, l'actuel président de l'assemblée locale Edouard Fritch, pressenti pour succéder à Gaston Flosse en cas d'inéligibilité. Mais aussi l'ancien président de la Polynésie française, Gaston Tong Sang, ministre sous Gaston Flosse en 2002, devenu par la suite un adversaire politique. Tous les prévenus ont été relaxés.
 

Un rendez-vous crucial à la cour d'appel

Mais le patron de la Polynésie n'en a pas fini avec la justice et son prochain rendez-vous judiciaire a lieu jeudi 4 septembre. La Cour d'appel de Papeete se prononcera sur sa demande de relèvement, après sa condamnation en cassation à quatre ans d'emprisonnement avec sursis, 125.000 euros d'amende, et trois ans d'inéligibilité dans une affaire d'emplois fictifs. Si la Cour d'appel accède à cette demande de relèvement, Gaston Flosse n'effectuera pas sa peine d'inéligibilité.
 

Une inéligibilité en suspens

Pour son avocat, Me François Quinquis, la justice doit respecter le "vœu populaire" de voir Gaston Flosse conserver ses mandats. Le sénateur (Divers Droite) a en effet retrouvé le pouvoir en 2013, trois mois après le verdict de la Cour d'appel dans cette affaire. Gaston Flosse a été plusieurs fois condamné, mais il n'a jamais perdu ses mandats électifs.
 
 

Gaston Flosse attend la décision de François Hollande

Malgré le rejet de son pourvoi en cassation le 23 juillet, Gaston Flosse est toujours président de la Polynésie française et sénateur. Son inéligibilité ne lui a toujours pas été signifiée par le Haut-commissariat de la République, qui représente l'Etat dans cette collectivité d'Outre-mer. Le Haut-commissaire attend la décision du Président de la République, car l'avocat de Gaston Flosse a aussi formulé une demande de grâce présidentielle. François Hollande ne s'est pas encore prononcé sur cette grâce. Interrogé à Mayotte, le 23 août, il avait relevé que "la justice n'[avait] pas encore donné toutes ses décisions". "Ensuite, je déciderai", avait-t-il enchaîné, avant de poursuivre, alors qu'on lui demandait s'il avait déjà pris sa décision : "Je pense qu'il faut appliquer les décisions de justice".

Recours devant la Cour Européenne des Droits de l'Homme

Me François Quinquis a aussi déposé un recours devant la Cour européenne des droits de l'homme, fondé sur la durée de la procédure judiciaire.
Gaston Flosse a annoncé à plusieurs reprises que le numéro deux de son parti, Edouard Fritch, lui succéderait à la présidence de la Polynésie française en cas d'inéligibilité. Cette condamnation aurait moins d'impact sur son mandat de sénateur, qui arrive à terme à la fin du mois.
C'est d'ailleurs un autre de ses avocats, Me Vincent Dubois, également son gendre, qui est candidat à sa succession au Sénat.
 
 
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