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La Marine nationale rend hommage samedi au capitaine guadeloupéen Camille Mortenol, défenseur de Paris en 1915

Dans le cadre de la commémoration de la mémoire de 100 héros de la Première Guerre mondiale, un hommage sera rendu samedi à Paris au capitaine de vaisseau Camille Mortenol (1859 - 1930). Né à la Guadeloupe, ce polytechnicien participa à la défense de la capitale en 1915. 

Camille Montrenol, à l'Ecole polytechnique entre 1880 et 1882 © DR
© DR Camille Montrenol, à l'Ecole polytechnique entre 1880 et 1882
  • Par Philippe Triay
  • Publié le , mis à jour le
Samedi 6 septembre, les armées françaises rendront hommage à 100 héros et unités de la Première Guerre mondiale. Des cérémonies auront lieu simultanément dans 100 villes de l’hexagone et d’Outre-mer, qui honoreront un héros local et un régiment à travers son drapeau.
 

Premier Noir admis à Polytechnique

A Paris, un officier guadeloupéen, Camille Mortenol, a été choisi avec trois autres soldats pour incarner les héros de la capitale lors de « la Grande Guerre ». Un hommage lui sera rendu samedi matin par l’amiral et chef d’état-major de la Marine Bernard Rogel, à l’Hôtel de la Marine, place de la Concorde.
 
Camille Mortenol - Sosthène Héliodore Camille Mortenol pour l’état civil - est né à Pointe-à-Pitre en Guadeloupe le 29 novembre 1859. Ses deux parents avaient été soumis à l’esclavage. Remarqué par l’abolitionniste Victor Schoelcher pour ses bons résultats scolaires, il obtient une bourse pour continuer ses études secondaires au lycée Montaigne à Bordeaux, où il réussi son baccalauréat en sciences en 1880.
 
Dans la foulée, il intègre la prestigieuse Ecole polytechnique. Camille Mortenol est le premier Noir à être admis dans cette institution, d’où il sort « aspirant » en 1882, optant pour une carrière d’officier de marine, dans un corps de tradition plutôt aristocratique et élitiste à l'époque. Le jeune militaire participera, entre autres, à plusieurs expéditions coloniales françaises, à Madagascar et au Gabon notamment.
 

Réactions de racisme

Lieutenant de vaisseau en 1889, il gravit rapidement les échelons pour devenir capitaine de frégate en 1904, commandant de flottille en 1907 et capitaine de vaisseau en 1914, ce qui ne manqua pas d’entraîner certaines réactions de racisme. « On ne peut se dissimuler que la couleur de cet officier peut être une source de petits ennuis. Il y a là un préjugé avec lequel on ne peut s'empêcher de compter, et j'ai eu l'occasion de voir l'étonnement accompagné d'exclamations et de remarques des populations des ports voyant arriver un torpilleur commandé par un officier nègre », note ainsi en 1899 le capitaine de frégate Arden, commandant de la défense mobile… (cité par l'historien guadeloupéen Oruno D. Lara dans son livre "Mortenol ou les infortunes de la servitude", éditions L'Harmattan, 2001). 
 
En poste à Brest lors du déclenchement de la Première Guerre mondiale, les autorités militaires de Paris font appel à Camille Mortenol lorsque la menace allemande s’intensifie sur la capitale. Début 1915, il est nommé directeur du Service d'aviation maritime du camp retranché de Paris (défense antiaérienne). Une mission qu’il accomplit avec succès et qui lui vaudra d’être promu colonel d’artillerie de réserve en 1917, puis commandeur de la Légion d’honneur.
 
Démobilisé en mai 1919, Camille Mortenol demeurera à Paris pendant sa retraite, avec son épouse, la Guyanaise Marie-Louise Vitalo. Il s’éteint le 22 décembre 1930. Depuis novembre 1985, une rue du Xe arrondissement de Paris porte le nom de « rue du commandant Mortenol ». 
 

La carte des 100 villes, 100 héros et 100 drapeaux mis à l'honneur dans l’hexagone et en Outre-mer

 

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