Ulcère de Buruli : le changement climatique provoque une augmentation des cas en Guyane

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Marais en Guyane
Marais en Guyane ©DR
Des chercheurs de l’IRD, de l’université de Bournemouth et du centre hospitalier de Cayenne viennent d’établir un lien direct entre l'augmentation des cas  d’ulcère de Buruli, et le changement climatique, et ce grâce aux données collectées en Guyane depuis 40 ans.
La Guyane française dispose de données très fiables sur l’ulcère de Buruli. Cette maladie de la peau peut entraîner si elle est mal traitée des déformations et des incapacités permanentes. En Guyane, "on compte deux à trois cas par an", précise Rodolphe Gozlan, chercheur de l’IRD contacté par la1ere.fr, mais avec le changement climatique la situation pourrait s’aggraver. "Dans nos prédictions, poursuit le chercheur, les cas d’ulcère pourraient se monter à cinq par an dans les cinq années à venir". Regardez cette vidéo faite par l'OMS (Organisation mondiale de la santé) qui explique ce qu'est l'ulcère de Buruli.
Qu'est-ce que l'ulcère de Buruli ?

Une maladie dangereuse dans les pays pauvres

Pas de panique, cet ulcère de Buruli, s’il est traité à temps par antibiotique ne peut pas se développer. "Malheureusement, en Afrique subsaharienne, beaucoup d’enfants ne sont pas traités et sont mis de côté", précise Rodolphe Gozlan de l'IRD. D’où l’intérêt de mieux comprendre cette maladie qui concerne 33 pays dont 15 où l’on recence 5 à 10 000 cas par an.

Pourquoi le changement climatique influe sur la fréquence d’ulcères de Buruli ?

Le changement climatique provoque en Guyane une réduction des pluies et de leurs écoulements. Ce déficit pluviométrique entraîne la multiplication de zones d’eaux stagnantes. Et c’est là que prolifère en Guyane la bactérie responsable de l’ulcère de Buruli. En plus, ces grosses flaques d’eau deviennent accessibles aux hommes qui pratiquent notamment la pêche ou la chasse. Ceci augmente donc le risque de contamination.
Marais en Guyane
Les zones marécageuses sont propices à la bactérie responsable de l'ulcère de Buruli, comme ici en Guyane ©Rodolphe Gozlan/ IRD

Relation établie entre changement climatique et épidémie

C’est la première fois qu’une étude scientifique montre une relation évidente entre le changement climatique et les pics épidémiques d’une infection. Plusieurs scientifiques évoquent cette question. La fréquence et la durée des épidémies de dengue et de chikungunya pourraient également être liées au changement climatique. Mais pour l’instant, aucune étude n’en a réellement apporté la preuve. Dans le cas de l’ulcère de Buruli en Guyane, les scientifiques préconisent de faire une carte des zones à risque et de ne pas négliger les campagnes de dépistage. 
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