La famille d'un Français emprisonné à Sainte-Lucie demande l'intervention de François Hollande

faits divers
Sainte Lucie
Sainte-Lucie est située 80 kilomètres au sud de la Martinique ©Google map
La famille d'Eric Sommer, un Français emprisonné sans procès sur l'île de Saint-Lucie (à 80 kilomètres au sud de la Martinique) après la mort d'un intrus qu'il avait expulsé de son bateau en mai 2012, a sollicité mercredi une rencontre avec le président François Hollande, le pressant d'intervenir.
"Il subit depuis plus de deux ans la loi d'un pays décrié par toutes les associations internationales de défense des droits de l'Homme comme ne garantissant pas les règles d'un procès équitable", écrit au chef de l'Etat l'avocat français de la famille, Ludovic Loyer, évoquant des conditions de détention "humiliantes et dégradantes".
 

Une prison surpeuplée

André Sommer, le père du détenu, qui a déjà embauché trois avocats d'affilée sur l'île pour des dizaines de milliers d'euros, précise à l'AFP que son fils a été agressé deux fois et dort à même le sol dans une cellule surpeuplée. "L'affaire s'enlise. On est convoqués pour la vingtième fois devant le tribunal lundi 22 septembre. Les 19 fois précédentes on nous a dit que le dossier était incomplet", se désespère André Sommer, un ancien officier de la marine habitant à Cagnes-sur-Mer, dans les Alpes-Maritimes.
 
 

Un individu "repoussé à l'eau"

"Tout ce qu'on lui reproche est faux", dit-il à propos de son fils de 49 ans, accusé de meurtre à Sainte-Lucie. L'homme avait traversé l'Atlantique pour la première fois à 18 ans sur un dériveur et vivait à temps plein sur son bateau de 40 mètres, voyageant sur les mers du monde. Deux personnes étaient arrivées le matin du 12 mai 2012 sur le bateau de son fils qui mouillait à 150 mètres de la plage: une connaissance féminine et un inconnu qu'Eric Sommer avait "repoussé à l'eau". "Cet individu, un délinquant notoire de l'île, est reparti à la nage depuis de bateau d'Eric Sommer et il est décédé bien plus tard au centre hospitalier de l'île", selon l'avocat.

L'homme repoussé à la mer avait rejoint à la nage le bateau d'un pêcheur, qui lui avait prodigué un massage cardiaque. Puis la police venue le chercher avait réalisé un deuxième massage. L'homme, qui avait 9 côtes cassées possiblement à cause de ces massages, est mort asphyxié par son vomi, mais sans eau dans les poumons, note Me Loyer. 

La famille espère que la convocation du 22 septembre débouchera enfin sur une date de procès qui permettra d'entendre tous les témoins de l'affaire.
 
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