Les députés ultramarins et le vote de confiance à Valls : entre soutien et vigilance

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Les 27 députés ultramarins.
Les 27 députés ultramarins. ©DR
Près des deux tiers des députés ultramarins ont apporté leur confiance au nouveau gouvernement de Manuel Valls, mardi soir à l'Assemblée. Les autres s’y sont opposés, se sont abstenus ou n’ont pas pris part au vote. A la sortie de l’hémicycle, les réactions étaient partagées.
"Un discours où le Premier ministre rappelle clairement que les Outre-mer auront un soutien infaillible de l’Etat est une marque de confiance à laquelle nous ne pouvons pas renoncer", s’est enthousiasmé le député réunionnais Jean-Jacques Vlody (PS), mardi soir à l’Assemblée nationale. Référence à l’unique phrase de Manuel Valls sur les Outre-mer lors de son discours de politique générale, prononcé plus tôt dans l’après-midi.
 
"Pourquoi les Outre-mer auraient-ils voté contre ?" a renchéri le Réunionnais Patrick Lebreton (PS). "Nous revenons d’une visite présidentielle qui a été plutôt réussie à La Réunion avec une annonce de 30 mesures. Nous votons la confiance à ce gouvernement pour qu’il puisse les mettre en œuvre." Un avis partagé par Ericka Bareigts (PS), à écouter ci-dessous : 


Jean-Jacques Vlody, Patrick Lebreton et Ericka Bareigts font partie des 17 députés ultramarins à avoir accordé leur confiance à Manuel Valls (16 en tout + la Guyanaise Chantal Berthelot (PS), victime d’une erreur matérielle). Un score dont s’est réjoui l’ex-ministre des Outre-mer, Victorin Lurel (PS) :


Des abstentionnistes "vigilants"

 
Au total, trois députés ultramarins ont fait le choix de s’abstenir. Parmi eux, la Réunionnaise Huguette Bello (GDR), qui n’avait pas voté la confiance en avril dernier. Mardi soir, elle a évoqué une "abstention vigilante". "Nous nous méfions un peu des engagements pris et des engagements qui ne sont souvent pas tenus.", a-t-elle ajouté.
 
Quant au Martiniquais Jean-Philippe Nilor (GDR), s’abstenir était un moyen d’exprimer son profond mécontentement sur la question de la collectivité unique : "Nous avons voté en 2010 pour une collectivité unique en Martinique. Nous sommes à la fin de l'année 2014, rien n’est précis aujourd’hui. Le premier ministre a annoncé qu’il y aurait des élections départementales en mars 2015, et régionales en fin 2015, mais en réalité nous ne sommes ni dans un statut départemental, ni dans un statut régional, puisque nous sommes une collectivité unique…" Ecoutez sa réaction ci-dessous :

Une position que ne partage pas la Réunionnaise Monique Orphé (PS), pour qui repousser les élections régionales à la fin 2015 était "la meilleure chose à faire".

"Rien n'a changé, tout s'est aggravé"

 
Même scénario qu’en avril dernier, le Martiniquais Alfred Marie-Jeanne (GDR) s’est prononcé contre la confiance au gouvernement Valls II, à l’image de quatre autres députés ultramarins. "Ce n’est pas parce que Monsieur le Premier ministre a fait un discours pathétique appelant à l’unité de tout le monde que j’allais voter pour lui, s’est-il justifié. Depuis la position que j’avais déjà prise la première fois, rien n’a changé, tout s’est aggravé." Et de conclure, philosophe : "politique sans conscience n’est que ruine de la confiance…".
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