Le Franche Terre de La Réunion, le plus gros thonier de France mis en cause par Greenpeace

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Franche Terre
Le thonier Franche Terre, détenu par l'armateur français SAPMER-SA basé à La Réunion ©MARCEL MOCHET / AFP
Greenpeace a lancé ce mardi une campagne contre 20 bateaux-usines européens, surtout espagnols et néerlandais, mais aussi britanniques, allemands et français, accusés de surexploiter les océans. Parmi eux, le Franche Terre, thonier géant de La Réunion, immatriculé à Mayotte.
"Nombre de barons de la pêche industrielle utilisent une vaste palette de ruses pour contourner les régulations" mises en place au niveau européen pour préserver les ressources halieutiques, dénonce Greenpeace. Dans un  rapport intitulé "Les navires-monstres, fléau des océans", l’ONG de défense de l’environnement dresse une liste noire des bateaux qui menacent la préservation des stocks de poissons.


Le Thonier Franche Terre sur la liste noire 

Parmi les bateaux recensés, l'ONG cible le thonier Franche Terre, immatriculé à Mayotte à Dzaoudzi, détenu par l'armateur réunionnais Sapmer. Ce bateau long de 90 mètres, acheté en 2009 à la société Piriou dispose d’une capacité de stockage de 1500 m3 de poissons congelés. Selon SAPMER,  "ce thonier à propulsion diesel électrique est respectueux de l’environnement. Il ne rejette pas de déchets en mer".
 

Des aides détournées

De son côté, Greenpeace accuse la société Sapmer d'avoir notamment "utilisé des aides publiques destinées à l'aide au développement des territoires d'Outre-mer et contourné les règles encadrant les subventions" européennes pour se hisser sur le marché du thon tropical, avec quelques 20 navires. "Alors que toute subvention à la construction de nouveaux navires est interdite depuis 10 ans, poursuit François Chartier de Greenpeace joint par La1ère.fr, la Sapmer a utilisé des fonds publics, notamment par le biais de l’AFD (Agence française de développement) et de la loi Girardin, pour financer ses ambitions, avec le plan de construction de développement de flotte de thoniers senneurs le plus important au monde, sans que cela ne profite aucunement aux populations locales". Greenpeace estime en effet que les petits pêcheurs de Mayotte sont les victimes directes de cette pêche industrielle. 


Pêche illégale sous pavillon espagnol

L’ONG met également en cause cinq navires battant pavillon espagnol, dont deux appartenant à la société espagnole Albacora, et quatre autres détenus par le groupe familial néerlandais Parlevliet en Van der Plas BV, sous divers pavillons de l'UE. Certains ont été impliqués dans des opérations illégales de pêche, comme l'espagnol Albacora Uno, tandis que d'autres jonglent avec pavillons, sociétés écrans ou règles sociales.

La surpeche vide les oceans
La surpêche vide les océans ©Océan attitude

Une pêche durable

Pour Greenpeace, l'UE a le devoir d'inciter au retrait de ces navires, dans le respect des engagements de sa nouvelle politique de pêche commune, "qui spécifie que les gouvernements doivent promouvoir une pêche durable".