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Patrick Deixonne : "les sargasses pourraient proliférer dans le plastique en mer"

environnement
Sargasses et micro-déchets plastiques
Sargasses et micro-déchets plastiques ©Expédition 7e continent
De passage à Paris, l'explorateur Patrick Deixonne basé en Martinique a fait connaître le programme de ses prochaines aventures. L'expédition 7e continent compte bien repartir en mai dans la mer des Sargasses. Objectif : voir si les algues sargasses ne prolifèrent pas grâce aux déchets plastiques. 
La mer des Sargasses, depuis sa dernière expédition, l’explorateur Patrick Deixonne brûle d’envie d’y retourner. La promenade ne fait pourtant pas rêver car cet horizon marin situé dans l’Atlantique nord, large de 1100 km et longue de 3200 km, abrite des quantités importantes d’algues sargasses et… pleins de déchets plastiques. Les courants marins amènent en effet dans cette zone quantité des débris qui petit à petit se décomposent et forment une mer de plastique. Patrick Deixonne se demande justement si cette pollution ne favorise pas la prolifération de ces algues sargasses qui ont déferlé récemment aux Antilles et en Guyane.
 


Retour dans la mer des Sargasses

 Patrick Deixonne qui vit au Marin en Martinique a pu contempler les ravages provoqués ces derniers mois par les algues sargasses qui ont littéralement envahi de nombreuses plages des Antilles. C’est pourquoi quand le scientifique Damien Delvaux de l’Université Antilles-Guyane lui a fait part de son désir de comprendre le phénomène, l’explorateur s’est dit qu’il fallait revenir à la source : la mer des sargasses. En mai 2014, Patrick Deixonne s’y est déjà rendu mais en raison d’un démâtage, il n’a pas pu y rester aussi longtemps qu’il l’aurait souhaité.
Expédition dans la mer des Sargasses, dans l'Atlantique Nord
Expédition 7e continent ©Expédition 7e continent


Des écoles impliqués

En  2009, quand Patrick Deixonne entreprend la traversée de l’Atlantique à la rame (Rames Guyane de Saint-Louis du Sénégal à Cayenne en Guyane), il se rend compte de la quantité impressionnante de déchets flottants. Depuis, l’explorateur consacre son temps à l’étude de ces cinq gyres, ces  cinq mers de plastiques présentes dans les océans Pacifique, Atlantique et Indien. "Mais cette fois, l’expédition qui s’annonce sera consacrée à 99 % à cette question des algues sargasses, explique à La1ère Patrick Deixonne. Nous ferons en sorte d’impliquer des écoles des Antilles, mais aussi de Saint-Martin dans cette nouvelle aventure".
 
Algues sargasses
L'ampleur des algues sargasses sur la côte atlantique de Martinique ©Martinique 1ère


Enfin une explication ?

"Normalement, les algues sargasses se développent et se reproduisent en face du Mexique, précise Alexandra Ter Halle, chimiste du CNRS. Avec les courants marins, elles se déplacent ensuite vers la mer des sargasses. Avec l’augmentation des déchets plastiques dans cette zone, souligne la scientifique de l’expédition 7e continent, on se demande si les algues qui ont besoin d’un support pour se reproduire ne trouvent pas sur place, en pleine mer, le moyen de proliférer". Cette hypothèse si elle se confirme un jour pourrait donc expliquer la prolifération d’algues sargasses aux Antilles et en Guyane.  

Mer des Sargasses
Mer des Sargasses ©DR

 

Les halobates aiment la mer de plastique
Les halobates sont des insectes de mer dotés de grandes pattes qui leur permettent de se déplacer à très grande vitesse (un mètre par seconde). Selon Romain Garrouste, spécialiste des insectes de mer au Museum national d’histoire naturelle, « Les halobates ont besoin de pondre sur des supports qui flottent ». Du coup, ce chercheur qui est l’un des rares à s’intéresser à ces espèces se demande si les déchets plastiques en mer ne favorisent pas le développement de cette espèce. Romain Garrouste va donc participer en tant que scientifique aux prochaines recherches de l’expédition 7e continent. 
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