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Ségolène Royal et l'Outre-mer, grande victime du changement climatique

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Ségolène Royal à L'Institut océanographique de paris
Ségolène Royal à L'Institut océanographique de paris ©Cécile Baquey
Au lendemain de la remise du dernier rapport du GIEC sur le climat, la ministre de l’Ecologie Ségolène Royal a rappelé devant un parterre de chercheurs à quel point ce réchauffement climatique annoncé va affecter l’Outre-mer où se concentre 80% de la biodiversité française.
Vu de Paris où se prépare de nombreux colloques et manifestations avant la Conférence Paris Climat (COP21) qui se déroulera en décembre 2015, les Outre-mer semblent bien loin. Et pourtant, c’est là, des Antilles à la Guyane en passant pas La Réunion, Mayotte, la Polynésie et la Nouvelle-Caléonie que se concentre 80% de la biodiversité française.

Ségolène Royal : plaidoyer pour les mangroves et les récifs coralliens

A l’Institut océanographique de Paris, la ministre de l’Ecologie a donc rappelé à quel point « l’Outre-mer est vulnérable aux effets combinés du recul de la biodiversité et des modifications du climat ». Très inspiré par la conférence sur la biodiversité qui s’est déroulée fin en octobre en Guadeloupe, Ségolène Royal s’est lancée dans un plaidoyer pour la « préservation des mangroves et des récifs coralliens". La ministre insiste aussi "pour le maintien de la diversité des peuplements forestiers pour réduire les impacts négatifs attendus du changement climatique ». 
 
Ségolène Royal à L'Institut océanographique de Paris
Ségolène Royal à un plan d'action pour lutter conte les sargasses ©CB

Double peine pour les récifs coralliens

La ministre a même ciblé certains problèmes particuliers Outre-mer comme l’acidification des océans. Le climatologue et vice-président du GIEC Jean Jouzel s’inquiète lui aussi des effets de l’augmentation continue de l’acidification des océans. « 30% gaz carbonique est absorbé par les Océans, explique Jean Jouzel à La1ère, mais ce gaz rend la mer acide. Or cette acidité met à mal tous les organismes qui se forment à partir de calcaire comme les coquilles, le zooplancton ou les récifs coralliens. Pour les récifs coralliens, c’est la double peine car ils doivent faire face au réchauffement des eaux de surface et à l’acidification des océans qui a augmenté de 26% en 200 ans » .
 


Les mahi mahi vont dans le nord

Quant à la biodiversité, tous les chercheurs présents à ce colloque s’accordent à dire que de grands changements se préparent, s’ils n’ont déjà eu lieu. Le monde vivant s’adapte et de nombreuses espèces ont déjà commencé à migrer en raison du changement climatique. Gilles Bœuf, le président du Museum national d’histoire naturelle explique ainsi à La1ere que "les mahi mahi (dorades coriphènes) que l’on trouve aux Antilles, en Polynésie ou à La Réunion sont de plus en plus nombreuses dans la mer Méditerranée".

 

Et la morue devient de plus en plus petite 

Dans les océans, certaines espèces migrent vers le nord, génées par l'augmentation de la température des eaux. Du coup, la morue qui a été longtemps pêchée à Saint-Pierre-et-Miquelon avant le moratoire décrété en 1992 par le Canada rencontre de nouveaux poissons. Et cela ne lui convient guère. Selon le chercheur au CNRS Grégory Beaugrand, « la biodiversité de l’Atlantique nord a augmenté, mais la morue qui vivait jusqu’alors dans des zones de faible biodiversité souffre et devient de plus en plus petite ». Le retour à la pêche à la morue à Saint-Pierre-et-Miquelon n'est donc pas pour demain.

Saint Pierre Saint-Pierre-et-Miquelon
Saint-Pierre-et-Miquelon. ©Jean-Christophe Lespagnol /AFP

 

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