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Pas besoin de voyager pour attraper la ciguatera

Dans un article scientifique paru en octobre dernier, des chercheurs français soulignent que la ciguatera, maladie très répandue en Outre-mer, a infecté plusieurs personnes dans l’Hexagone ces vingt dernières années. Signe caractéristique : elles n'avaient pas voyagé en zones tropicales.

En février 2011, des Franciliens se sont retrouvés atteints de la ciguatera après avoir consommé du barracuda pour les uns, et du vivaneau pour les autres. © DR
© DR En février 2011, des Franciliens se sont retrouvés atteints de la ciguatera après avoir consommé du barracuda pour les uns, et du vivaneau pour les autres.
  • Par Léia Santacroce
  • Publié le , mis à jour le
Attraper la ciguatera – plus communément appelée "la gratte" – sans jamais avoir mis les pieds en Outre-mer ? C’est possible. Tel est l’objet d’un article scientifique cosigné par six chercheurs français, paru en octobre dernier dans la revue Journal of Travel Medicine (lien payant).

Très répandue en Outre-mer, la ciguatera est une forme d’intoxication alimentaire due à la consommation de poissons contaminés par des toxines, ces dernières provenant de microalgues vivant sur les récifs coralliens. Autrement dit, on n’attrape généralement la ciguatera que sous les tropiques.

Anguille sous roche ? Non, juste un barracuda dans la glacière

D’où la surprise des médecins de la Pitié Salpétrière, en février 2011, lorsqu’ils se sont retrouvés face à deux vagues distinctes de patients présentant les symptômes de la maladie – vomissements, diarrhées, maux de tête, fourmillements... –, alors qu’ils soutenaient mordicus ne pas avoir quitté l’Ile-de-France. Ces malades avaient simplement dégusté du poisson de Guadeloupe, rapporté dans des glacières. Un barracuda pour les uns, un vivaneau pour les autres.

Les tests effectués à partir des restes de poissons ont confirmé les doutes : ces patients franciliens souffraient bel et bien de ciguatera. "C’était très surprenant, se souvient Eric Caumes, cosignataire de l’article et professeur des maladies infectieuses et tropicales à l’université Pierre-et-Marie-Curie (Paris 6). Quand on est médecin, penser à une maladie tropicale quand les patients n’ont pas voyagé, ce n’est pas évident !"

Des cas rarissimes

Pas de panique, contracter la ciguatera sans avoir voyagé reste tout de même rarissime. Le seul autre cas similaire remonte à 2001, signalé dans le bulletin épidémiologique hebdomadaire"Je me souviens très bien, c’était trois copains qui avaient mangé des sushis dans un resto japonais à Paris, raconte Eric Caumes. L’un d’entre eux a présenté des symptômes neurologiques pendant des mois avant qu’on pense à un cas de ciguatera..."

Quelques conseils pour ne pas attraper la gratte : ne pas rapporter de "barracuda souvenir" dans sa glacière au retour des vacances et éviter de manger du poisson de provenance inconnue.

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