7,2 milliards de dollars ! Le coût de l'investissement calédonien de Glencore

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Usine nickel
©A Jeannin
A Londres, devant un parterre de Traders, le géant anglo-suisse du négoce des matières premières a mis l'accent sur l'usine du Koniambo, son grand projet de croissance. Un site hors norme, le plus grand investissement industriel de ces dernières années dans la zone Asie-Pacifique.

Glencore assume son investissement calédonien mais il n'y en aura pas d'autres

Sous la pluie fine de décembre, la City s'inquiète de la tendance baissière des matières premières, à commercer par le pétrole. C'est dans ce climat incertain que les principaux investisseurs et analystes de la bourse des matières premières de Londres (LME) ont rencontré cette semaine la direction de Glencore, l'un des principaux négociants mondiaux du secteur.

Ivan Glasenberg, le directeur général du groupe basé dans le canton de Zug en Suisse, a fait le point sur nombre de dossiers, indiquant une "discipline nouvelle" au niveau de ses investissements. Le groupe anglo-suisse se montre désormais réticent concernant le lancement de nouveaux projets industriels (greenfields), préférant s'attacher à l'expansion de ses activités existantes (brownfields) comme sa nouvelle usine calédonienne de nickel, ou encore le complexe industriel de MacArthur River et sa mine de zinc, en Australie.

Du nickel calédonien pour les usines chinoises, japonaises ou américaines 

Pour atteindre cet objectif et alimenter les fours des usines de production d'acier inoxydable, Glencore confirme un investissement supplémentaire de 0,6 milliard de dollars pour l'usine du Koniambo. Au total, le management financier du groupe évalue le coût actualisé de son investissement calédonien à 7, 2 milliards de dollars ( 5, 80 milliards d'euros ). Presque la moitié du budget annuel d'un pays comme la Tunisie.

La commercialisation du métal calédonien par Glencore devrait commencer en juin 2015, avec une montée en puissance progressive : entre 10-18 000 tonnes en 2014, 25 - 40 000 tonnes en 2015, 50 000 tonnes de nickel à partir de 2016, en pleine production du site industriel. L'activité de Glencore dans le nickel, représente pour le moment 8 % de son résultat d'exploitation.