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"Les policiers ont manqué à leur devoir", estime le frère du Guadeloupéen décédé au commissariat de Saint-Denis

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"Les policiers ont manqué à leur devoir", selon le frère de Pierre Cayet, le Guadeloupéen mort au commissariat de Saint-Denis
L'IGPN a ouvert une enquête sur les circonstances de la mort de Pierre Cayet, au commissariat de Saint-Denis (93). ©JACQUES DEMARTHON / AFP
La famille de Pierre Cayet va porter plainte. Ce Guadeloupéen est décédé samedi 25 avril, suite à une altercation avec des policiers au commissariat de Saint-Denis (93). Selon son frère, joint par La1ère.fr, "les policiers ont manqué à leur devoir". La police des polices a ouvert une enquête.
Depuis samedi, la famille de Pierre Cayet est sous le choc. Ce Guadeloupéen de 54 ans est décédé des suites d’une altercation avec des policiers au commissariat de Saint-Denis (93). "Il y a trop de peu de choses vraies dans ce que disent les policiers, déplore Frantz Dendelé, le frère de Pierre Cayet. Ils n’ont pas été professionnels avec mon frère. Ils ont manqué à leur devoir."

Une altercation au commissariat

A la suite d’un contrôle routier, samedi 25 avril, Pierre Cayet est arrêté pour conduite en état d’ébriété. Selon le quotidien Le Parisien, le Guadeloupéen avait un taux de 0,48 mg/l d’air expiré (la limite étant 0,40 mg/l).

Suite au contrôle, son véhicule est immobilisé. Quelques heures plus tard, le Guadeloupéen se rend au commissariat de Saint-Denis. "Il était avec sa compagne et voulait seulement récupérer les papiers et les médicaments qu’il avait laissés à l’intérieur de la voiture," explique son frère, Frantz Dendelé à La1ère.fr.

Face au refus des policiers, l’homme aurait profité de la sortie d’un véhicule de police pour pénétrer dans l’enceinte du commissariat.

Deux versions s'opposent 

Selon les policiers présents, le Guadeloupéen était "passablement énervé". "Il a été repoussé une première fois par un fonctionnaire de police puis il est revenu à la charge, raconte un policier du syndicat Alliance. Le deuxième fonctionnaire l’a alors repoussé au niveau du visage. Cela a entraîné la chute de Monsieur Cayet qui est tombé en arrière de toute sa hauteur et a heurté le béton". "Les policiers n’ont rien à cacher. Malheureusement, c’est un accident", conclut ce fonctionnaire de police.

Une version contestée par la famille de la victime. "Les policiers l’ont gazé, ensuite il est revenu, raconte Frantz Dendelé. Face à tous les policiers présents ce soir-là au commissariat, mon frère ne présentait pas de danger. Ils avaient les moyens de neutraliser facilement un petit bonhomme comme lui". Greffé d'un rein, Pierre Cayet était fortement handicapé, d'après Le Parisien.

"Il a pris une droite"

Selon Frantz Dendelé, qui a pu voir le corps de son frère, Pierre Cayet aurait reçu un violent coup au visage. "Il a pris une droite, explique-t-il. J’ai vu son visage totalement déformé par ce coup mortel. Le policier qui lui a fait ça doit rendre des comptes à la justice".

Aucune trace de violence d’après l’autopsie

Transporté à l'hôpital, le Guadeloupéen est décédé dans la nuit de samedi à dimanche. Selon une source judiciaire citée par l’AFP, l'autopsie a confirmé que le décès était "consécutif à une fracture crânienne" et qu’il n’y avait "aucune trace de violence".

La famille porte plainte

La famille de la victime a décidé de porter plainte pour "défendre la mémoire de mon frère", explique Frantz Dendelé. De son côté, l’IGPN, l'Inspection générale de la police nationale, a ouvert une enquête. Le corps de Pierre Cayet devrait être rapatrié en Guadeloupe dans les jours qui viennent.

Frantz et Chloé Dendelé sont le frère et la nièce de Pierre Cayet. Ils ont témoigné pour le Parisien, mercredi 29 avril. Ci-dessous la vidéo :


«Ils ont tué mon frère» : le témoignage... par leparisien