Ségolène Royal s’attaque aux sargasses avant la visite de François Hollande aux Antilles

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Ségolène Royal
Ségolène Royal, le 22 mai 2014 à Paris pour la fête de la nature et de la biodiversité ©François Guillot/AFP
Alors que les algues sargasses envahissent à nouveau les côtes de la Guadeloupe et de la Martinique, la ministre de l’Ecologie prend le dossier en main. Dans un communiqué, Ségolène Royal annonce des mesures concrètes à quelques jours de la visite présidentielle
Depuis plusieurs jours, les côtes de la Martinique et de la Guadeloupe subissent d’importants échouages de sargasses. Selon une estimation récente citée par le ministère de l’Ecologie, 180 hectares de sargasses sont disséminés le long des côtes antillaises, soit environ 60 000 tonnes de matières sèches.
 
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Algues sargasses dans la baie du Francois ©Martinique 1ère


Une meilleure connaissance du phénomène

Pour lutter contre ce phénomène naturel qui génère des nuisances et menace l’économie des Antilles, Ségolène Royal annonce donc un plan d’action. Le premier volet vise à une meilleure connaissance du phénomène pour anticiper et agir à la source. La Ministre de l’Écologie a chargé le centre de ressources du protocole SPAW (protocole sur les aires protégées dont le centre de ressources est basé en Guadeloupe) d’un travail sur les origines, les impacts et les moyens de contrôle des algues brunes.
 

L'origine des algues sargasses

Des études récentes ont montré que les algues brunes ne proviennent pas de la Mer des Sargasses, située dans l’Atlantique Nord, mais plutôt d’une zone située au large du Brésil. La présence de nutriments, de températures élevées et de courants seraient favorables à l’accumulation d’algues sargasses dans cette région. Le dérèglement climatique est donc peut-être l’une des causes de cette prolifération d’algues. 
 

Des brigades vertes

Le deuxième volet du plan de la ministre de l’écologie porte sur l’aide aux collectivités locales pour ramasser les algues et nettoyer le littoral. Ségolène Royal annonce que des « brigades vertes » constituées d’emplois soutenus par l’État seront mobilisées pour aider les collectivités au ramassage des sargasses. L’ADEME financera 50 % de ces emplois, soit un soutien de l’État de l’ordre de 250 000 euros par an pour une brigade de 50 emplois d’avenir.
 

Des infrastructures pour valoriser les algues

Enfin dans un troisième volet, la ministre de l’Ecologie veut mettre en place des infrastructures de gestion et de valorisation des sargasses. Dans son communiqué, Ségolène Royal indique qu’un « appel à projets a été lancé par l’ADEME en Martinique». Les sargasses peuvent servir d’engrais naturel dans l’agriculture (apport de potasse pour la canne à sucre). D’autres usages doivent être étudiés comme la transformation en charbon actif ou en bio plastique. Les lauréats de cet appel, doté d’un budget d’1,5 million d’euros, seront désignés avant la fin du mois de mai, indique le ministère de l’Ecologie

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Agriculteur utilisant des algues sargasses comme engrais ©Martinique1ere
 

Des aides financières

Ségolène Royal annonce que cet appel d’offres sera complété par un soutien supplémentaire de 800 000 euros ciblé sur la Guadeloupe. L’ADEME soutient également, techniquement et financièrement, la création de plateformes de compostage locales des algues, ou de tout autre projet susceptible de les valoriser, dans le cadre de ses systèmes d’aide en vigueur. Un projet privé de compostage et de collecte en mer a été soutenu en Guadeloupe, par l’acquisition d’un bateau de ramassage des sargasses à proximité des côtes. Ce premier bateau sera livré avant le mois de juillet.
 

Conférence "Caraïbe Climat 2015"

Jamais la Guadeloupe et la Martinique n’avaient eu devant elles un plan aussi précis présenté par l’Etat. François Hollande ne va donc pas arriver les mains vides aux Antilles ce week-end. Et cela tombe bien, car le président participera samedi en Martinique au sommet régional « Caraïbe Climat 2015 », à six mois de la conférence des Nations unies sur le changement climatique (COP 21).