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Madagascar : le président affronte un vote de destitution à l'Assemblée nationale

Le président malgache doit affronter ce mardi soir un vote de destitution à l'Assemblée nationale. Une majorité de députés a requis sa déchéance pour non-respect de la Constitution. Ils l'accusent également d'incompétence.

Le président malgache, Hery Rajaonarimanpianina, fait face à un vote de destitution à l'Assemblée nationale. © CITIZENSIDE/NICOLAS KOVARIK
© CITIZENSIDE/NICOLAS KOVARIK Le président malgache, Hery Rajaonarimanpianina, fait face à un vote de destitution à l'Assemblée nationale.
  • La1ère.fr (avec AFP)
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"La recevabilité de cette requête de mise en accusation pour déchéance" du président Hery Rajaonarimanpianina "est admise", a annoncé en séance plénière le président de l'Assemblée nationale Jean Max Rakotomamonjy, à l'issue d'une réunion des présidents de commissions.

115 signatures de députés

"Cette requête contient 115 signatures de députés (sur 151) issus de tous les groupements parlementaires au sein de l'Assemblée nationale", a lu le rapporteur général de l'assemblée Malement Liahosoa, très applaudi.

"Si les deux tiers des députés votent (acceptent) la mise en accusation du président pour le destituer, (...) alors la requête et le résultat du vote seront transmis à la HCC (Haute cour constitutionnelle)" pour avoir la déclaration de déchéance, a exposé une député d'opposition, Christine Razanamahasoa, proche de l'ex-homme fort du pays, Andry Rajoelina.

Accusé d'incompétence

L'actuel président se voit notamment reprocher le retard pris dans l'installation de la Haute cour de justice, a-t-elle expliqué.

Un autre député du camp Rajoelina, Tinoka Roberto, a enfoncé le clou au micro d'une radio privée : "Il (le président) ne sait plus ce qu'il fait. Il est incompétent". "Je suis désolé mais rien ne marche actuellement dans le pays. Il connaît peut-être la comptabilité mais pas la gestion d'une nation. Il n'est entouré que par des amateurs qui l'empêchent de se tourner vers sa famille politique", a-t-il dit. "Pour moi, s'il est incompétent, il vaut mieux qu'il quitte le pouvoir".

Des promesses après cinq ans de crise

Investi en janvier 2014 après une élection démocratique - la première depuis 2006 -, le président Rajaonarimampianina, expert-comptable de formation, avait promis à la population une vie meilleure après cinq ans de crise sans précédent. Il avait promis d'agir vite.

S'il a su renouer avec les bailleurs de fonds étrangers qui avaient tourné le dos au pays après le coup de force de 2009, ses détracteurs et la société civile lui reprochent son inertie, ses tâtonnements et son inefficacité.

Le président a mis deux mois et demi pour se trouver un Premier ministre, limogé par la suite au bout de huit mois, et ne dispose pas d'une solide écurie politique. Le HVM, parti présidentiel, n'a aucun député à l'Assemblée.

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