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L’Outre-mer, le paradis… ou l’enfer pour les oiseaux

agissons pour notre climat
Cagou de Nouvelle-Calédonie
Cagou de Nouvelle-Calédonie ©MARC LE CHELARD / AFP
Dans quelques mois, la Conférence climat va se tenir à Paris. Le saviez-vous ? 80 % de la biodiversité nationale se trouve en Outre-mer. Focus sur les oiseaux avec Bernard Deceuninck, ornithologue de la Ligue de protection des oiseaux (LPO), que la1ère a rencontré.
Au Sénat, l’ornithologue Bernard Deceuninck est venu ce jeudi avec son « powerpoint » plaider la cause des oiseaux devant la délégation à l'Outre-mer. « On trouve outre-mer 63 espèces d’oiseaux endémiques que l’on ne trouve que là, alors qu’il n’y en a que 20 en Europe », précise Bernard Deceuninck, responsable à la LPO (Ligue de protection des oiseaux).

Bernard Deceuninck, ornithologue à la LPO
Bernard Deceuninck, ornithologue à la LPO ©CB


Oriole et drongo

Mais cette richesse unique représente aussi une grande responsabilité pour la France. « Nous sommes au 10e rang mondial pour les espèces d’oiseaux menacées », précise Bernard Deceuninck. « L’oriole de la Martinique, la grive à pieds jaunes de la Guadeloupe, les albatros d’Amsterdam au sud de l’océan indien, le coq de roche en Guyane, le drongo de Mayotte, la perruche d’Ouvéa en Nouvelle-Calédonie, l'albatros hurleur en Polynésie font l’objet de surveillance localement, ajoute l’ornithologue interrogé par La1ère.
 
Oriole de la Martinique (à gauche), Albatros d'Amsterdam (en haut à gauche) et grive à pieds jaunes (en bas à gauche)
Oriole de la Martinique (à gauche), Albatros d'Amsterdam (en haut à gauche) et grive à pieds jaunes (en bas à gauche) ©LPO


La plus vieille association de France

La LPO, le Ligue de protection des oiseaux à laquelle appartient Bernard Deceuninck est la plus vieille association de défense de la nature en France. Crée en 1912, elle a déjà fêté ses 100 ans. Elle est présidée par le très médiatique Alain Bougrain-Dubourg.
 

Réseau d'associations Outre-mer

Bernard Deceuninck se félicite du réseau d’associations amies qu’il a tissé Outre-mer. « Les associations comme le GEPOMAY (Groupe d’étude et de protection des oiseaux de Mayotte), le GEPOG (Groupe d’étude et de protection des oiseaux de Guyane),  la SEOR (Société d’études ornithologique de La Réunion) ou encore le Carouge en Martinique sont très dynamiques », plaide l’ornithologue installé dans les Charentes.
 
Réseau d'étude des oiseaux outre-mer
Réseau d'études des oiseaux outre-mer ©LPO

Associations incontournables

« Désormais, quand les chercheurs du muséum d’histoire naturelle viennent en expédition, ils travaillent avec les associations locales, ajoute Bernard Deceuninck. Les associations sont aujourd’hui incontournables. La nouvelle génération de scientifiques a elle-même gravité dans des ONG ».
 
Grive à pieds jaunes de Guadeloupe
Grive à pieds jaunes de Guadeloupe ©LPO

Extinction de biodiversité

Mais l’heure est grave. Beaucoup de scientifiques estiment que nous sommes entrées dans la 6e extinction de biodiversité. Des espèces disparaissent. Exemple : l’engoulevent en Guyane, le fameux dodo de La Réunion, le ara de Guadeloupe ou encore le monarque de Maupiti. Les habitats des oiseaux sont sans cesse grignotés par l’urbanisation, en particulier aux Antilles. La chasse est parfois mal contrôlée et des espèces envahissantes comme les rats ou les chats peuvent faire des dégâts. « Quant au réchauffement climatique, il peut provoquer des déplacements d’oiseaux ou pire les fragiliser », conclue l’ornithologue. 

En 2012, la rédaction d'Outremer1ère avait réalisé un reportage sur les oiseaux de Lifou en Nouvelle-Calédonie avec notamment Olivier Hébert de l'association Waco me wela. A écouter ici :

 

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