Un tweet laisse planer le doute sur l'embargo indonésien du nickel

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Minerai de nickel. ©Alain Jeannin
Un tweet du ministère de l'économie indonésien laissant penser que l'embargo du pays sur le nickel pourrait être levé a suscité une brève inquiétude au LME de Londres. 
Le tweet a ensuite été supprimé. Il a fallu un démenti rapide et officiel de Sudirman Said, ministre des ressources énergétiques et minérales, pour apaiser les inquiétudes et les spéculations des traders de la bourse des métaux de Londres.
 

Maintien de l’embargo

L'Indonésie a finalement confirmé le maintien de son embargo sur ses exportations de nickel. Le doute qui avait saisi la bourse des matières premières est retombé. David Wilson, analyste chez Citi, reconnaît avoir été surpris par le tweet indonésien : "Ce message contredisait la doctrine nickel du pays qui veut obtenir la construction d'usine sur place avant de lever l'embargo". Dans un premier temps, le cours du métal a encaissé la mauvaise nouvelle avant de se ressaisir avec la mise au point de M. Said. Le métal continue d'osciller autour de 10.000 dollars la tonne.
 

Vents contraires

Globalement, les vents contraires du nickel sont susceptibles d'empêcher toute amélioration des prix avant le début de l'année 2016. La Chine a certes sensiblement augmenté ses importations de métal et de ferronickel mais surtout elle s'est procurée du NPI, un sous-produit bon marché du nickel, sans commandes importantes auprès des producteurs comme Glencore ou Eramet ou des entrepôts de la bourse des métaux de Londres.
 
Dans ce contexte de crise, un nouvel élément pourrait intervenir. Pour David Wilson, "l'industrie du nickel est à des niveaux de pertes si importants que 65 % des producteurs mondiaux sont dans une situation insoutenable". Au Canada, un syndic de faillite a été nommé par la Cour supérieure de l'Ontario pour récupérer les fonds de First Nickel, actuel propriétaire de la mine de Lockerby, à Sudbury. First Nickel était une entité appartenant au producteur canadien Falconbridge racheté par Xstrata en 2006, lui-même absorbé par Glencore en 2013. Falconbridge était à l'origine avec la SMSP calédonienne, en juin 1994, du grand projet de l'usine du Nord.