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Attentats : l'etat d'urgence finalement étendu à une partie des Outre-mer

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Ministère France d'outre mer
©David Ponchelet
La polémique prenait de l'ampleur ces dernières heures. Face à la grogne de certains élus et de syndicats de policiers, le gouvernement a finalement décidé que l'état d'urgence entrait également en vigueur dans les DOM, ainsi qu'à Saint-Barthélémy et Saint-Martin. 
C'est un communiqué du ministère des Outre-mer qui l'annonce mardi 17 novembre en fin de soirée à Paris : l'état d'urgence, entré en vigueur dans l'hexagone et en Corse depuis les attentats de vendredi 13 novembre, est finalement étendu à une partie des Outre-mer :
  • Guadeloupe
  • Guyane
  • Martinique
  • La Réunion
  • Saint-Martin
  • Saint-Barthélémy
Le décret sera présenté ce mercredi 18 novembre en conseil des ministres.  Explication du ministère des Outre-mer :

"Au regard des récentes évolutions annoncées par le Président de la République pour répondre à la menace terroriste, le Gouvernement a décidé d’étendre l’état d’urgence à la Guadeloupe, à la Guyane, à la Martinique, à Mayotte, à La Réunion ainsi qu’à Saint- Barthélemy et Saint-Martin.

Cette application se justifie par une nécessité de cohérence et de renforcement du dispositif de sécurité, au moment où l’état d’urgence s’inscrit dans la durée et sera prolongé pour trois mois par une loi soumise au Parlement. "
















En revanche, les territoires du Pacifique et Saint-Pierre et Miquelon restent au stade de "Vigipirate renforcé", "Au regard de leurs spécificités géographiques", précise le communiqué de George Pau-Langevin.

Explication de ce revirement en trois temps :

Acte 1 : samedi 14 novembre, "Vigipirate renforcé" pour les Outre-mer 

Après les attentats sanglants du vendredi 13 novembre, dans la nuit, le conseil des ministres décrète l'état d'urgence "sur tout le territoire métropolitain et la Corse". Pour les Outre-mer, consignes sont données aux préfets et haut-commissaires de renforcer le dispositif Vigipirate.

Interrogée lundi 16 novembre par Outre-mer 1ère/ France Ô, la ministre des Outre-mer George Pau-Langevin justifie cette décision en expliquant que "la menace terroriste est moins forte dans les Outre-mer que dans les capitales européennes".
La ministre des Outre-mer explique pourquoi l'état d'urgence décrété après les attentats perpétrés à Paris le 13 novembre ne concerne pas les Outre-mer


Acte 2 : des voix s'élèvent

Cette explication de la ministre ne satisfait pourtant pas certains élus ultramarins qui réclament l'extension de l'état d'urgence aux Outre-mer. C'est le cas du Réunionnais Jean-Paul Virapoullé, ou encore du Crefom, le Conseil représentatif des Français d'Outre-mer.

Certains parlementaires comme le député de Guyane Gabriel Serville ou celui de Martinique Jean-Philippe Nilor ne cachent pas non plus leur inquiétude et demandent que "toutes les dispositions soient prises" pour assurer la sécurité des Outre-mer.

En Guadeloupe, un syndicat de policiers (FO police) réclame également l'extension de l'état d'urgence, estimant que cela permettra l'octroi de plus de moyens matériels et humains aux forces de l'ordre.

Acte 3 : l'actualité des attentats rattrape les Outre-mer

Lundi 16 novembre, un site d'info en ligne de Saint-Martin révèle que trois ressortissants syriens détenteurs de faux passeports grecs ont été interpellés dans la partie néerlandaise de Saint-Martin.

Mardi 17 novembre, on apprend que le dijhadiste français Fabien Clain, Réunionnais d'origine, est sans doute l'auteur de l'enregistrement audio de la revendication des attentats à Paris par Daech.

Dès lors, la position du gouvernement consistant à affirmer que les Outre-mer sont moins concernées par le risque terroriste devenait difficile à tenir.

Que signifie l'état d'urgence ?

Comme l'explique le communiqué du ministère des Outre-mer, L'état d’urgence accorde des pouvoirs élargis aux autorités civiles (préfets et ministre de l’intérieur) afin de garantir la sécurité publique. Il permet notamment :

  • d’interdire la circulation des personnes et d’instituer des zones de protection et de sécurité.
  • procéder à des réquisitions de personnes ou de biens.
  • d’interdire des réunions ou manifestations.
  • d’ordonner des perquisitions à domicile de jour comme de nuit.
  • d’assigner à résidence toute personne dont l'activité se révèle dangereuse pour
    la sécurité et l'ordre publics.
  • d’ordonner la remise d’armes et de munitions. 

Les premières réactions

Sur Twitter, quelques parlementaires ultramarins se félicitent de cette décision du gouvernement.

 

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