Cuba fragilisé par la chute du nickel et sa dépendance au Venezuela

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alliage de fer et de nickel grec LARCO pour l'industrie de l'acier inoxydable ©Alain Jeannin
Cuba prévoit pour 2016 une croissance économique de 2% seulement après celle de 4% attendue en 2015.
Les médias officiels ne font mention, ni de l'impact de la chute des cours des matières premières, ni de la grave crise économique en cours au Venezuela, allié stratégique de La Havane.

Cuba, une autre terre de nickel

Les entrées de devises de Cuba souffrent de la baisse des cours du nickel, l'une des principales exportations de l'île vers la Chine et l’Union européenne. Des diplomates et des hommes d'affaires étrangers à Cuba, cités par l’agence Reuters, ont rapporté que certaines entreprises publiques, dont Cubaniquel, réduisaient leur production et demandaient un allongement des délais de paiements à leurs fournisseurs.

Trois mines de nickel représentent l’essentiel de l’activité industrielle de l'île de Cuba. La grande mine de Pedro Sotto Albo dans l’est du pays, adossée à une vaste usine métallurgique, a produit plus de 41 000 tonnes de ferronickel en 2014 et 3 500 tonnes de cobalt. Le complexe industriel est exploité à parts égales par la société publique Cubaniquel et l’entreprise canadienne Sherritt International.

Cuba est le sixième producteur mondial de nickel avec plus de 75 000 tonnes de métal extrait de ses mines. Son industrie métallurgique devrait bénéficier de la fin de l’embargo américain qui interdit l’exportation vers les Etats-Unis, notamment depuis l’Europe, de toute production d’acier inoxydable contenant du nickel cubain.

Le Venezuela, un allié fragilisé

Cuba reçoit plus de 100.000 barils de pétrole par jour dans le cadre d'un accord avec le Venezuela, où il envoie entre autres des médecins. L'économie vénézuélienne, avec son industrie pétrolière nationalisée, affiche des performances économiques parmi les pires au monde, la baisse de ses exportations d'or noir ayant atteint jusqu'à 70% ces 18 derniers mois. Cuba a continué de recevoir du pétrole cette année mais sans doute pas la totalité des devises qui lui étaient dues dans le cadre de l'accord avec Caracas. Les cours particulièrement bas du pétrole et du nickel pénalisent durement les deux pays étatistes de la région.