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Jugées à Pontoise, la prêtresse vaudoue et ses filles étaient membres du PS et du Crefom

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palais de justice Pontoise
©la1ère.fr
Une mère et ses deux filles, accusées par leurs ex-adeptes d'emprise psychologique et d'extorsion sur fonds de sacrifices d'animaux, comparaissent depuis mardi devant le tribunal de Pontoise. Les deux filles étaient déléguées fédérales au PS. La mère et l'une des deux filles sont membre du Crefom. 
Des cérémonies sordides, des sacrifices d'animaux, des purifications par le sang, des actes de violences, du racket... Sous couvert d'une association animiste antillaise, une "prêtresse" vaudoue, son mari et leurs deux filles jumelles, âgées de 39 ans, sont jugées au tribunal correctionnel de Pontoise (Val-d'Oise) depuis mardi. Elle risquent 5 ans d'emprisonnement et 750 000 euros d'amende.

Ce procès est la conclusion d'une information judiciaire ouverte en novembre 2008 pour des faits d'abus de faiblesse aggravé et d'actes de barbarie sur animaux domestiques. Depuis plus de 8 ans, les soupçons pèsent sur cette famille. La "prêtresse" a déjà fait quatre mois de prison dans le passé. Malgré cela, la mère et ses deux filles ont occupé des responsabilités associatives et politiques.

La "prêtresse" vaudoue et l'une de ses deux filles membres-fondateurs du Crefom 

La "prêtresse" vaudoue, considérée par le président du tribunal comme "l'élement central de ce procès" est membre fondateur du Comité représentatif des français d'Outre-mer. Contacté par La1ere.fr, le Crefom explique : "Ce sont les associations qui décident d’adhérer au Crefom, tout le monde peut le faire en ligne. Nous n’avons pas les moyens de tout vérifier. Nous ne sommes pas des flics", indique le Crefom qui ajoute "nous n’avons pas voulu qu’il y ait besoin de parrainages pour entrer au Crefom, pour ne pas qu’il soit verrouillé". Et le Crefom de conclure : "Ce n'est pas le procès du Crefom, elles n'ont rien à voir avec nous".
Crefom
©Capture d'écran

 

Membres Crefom
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L'une des deux filles de la prêtresse, jugée pour complicité, est, elle aussi, membre-fondateur du Créfom et ne s'en est d'ailleurs pas caché à la barre du tribunal, comme pour tenter de justifier de sa respectabilité. "Elles n’ont pas à citer le Crefom, on va les recadrer. Nous ne pouvons pas accepter qu’elles se prévalent du Crefom. C’est inacceptable. Elles n’ont rien à voir avec nous, de près ou de loin", indique le Créfom qui conclut : "si elles sont condamnées, elles seront exclues. Mais la procédure est longue. Elles doivent se défendre, passer devant l’Assemblée Générale du Crefom. Jusque-là, il n’y a jamais eu d’exclusion... Il y a énormément d’associations adhérentes. Il y a forcément des associations pas recommandables."
 

Les deux filles étaient déléguées fédérale du Parti Socialiste du Val d'Oise jusqu'en 2015

Autre réaction, cette fois au Parti Socialiste du Val d'Oise car les deux filles étaient déléguées fédérale du Parti Socialiste jusqu'en 2015. Joint au téléphone, Rachid Temal, le premier secrétaire fédéral du PS du Val d’Oise, explique : "elles ne sont plus déléguées depuis que j’ai découvert cette histoire juste avant l’été 2015. Je suis tombé de l’armoire. Les militants aussi".

Et d'ajouter : "J
e leur ai dit ce que je pensais de tout ça. Je les ai suspendues. Elles ne sont pas exclues, car nous respectons la présomption d’innocence. Mais si elles sont condamnées, je demanderai bien sûr leur exclusion". Rachid Temal se justifie en indiquant : "je ne suis pas policier. Je ne sais pas ce que font les gens en dehors de leur activité au Parti Socialiste. Il y a plus de 2500 militants du PS dans le Val d’Oise. Vous savez, des délégués fédéraux, on en nomme plein".
 

Jusqu'à 200 000 euros pour des problèmes sentimentaux et immobiliers 

L'enquête sur cette famille aux pratiques suspectes a débuté en 2006 quand les adeptes de l'organisation de la "prêtresse vaudoue", qui a ses habitudes dans le petit pavillon du couple à Marly-la-Ville, dans le nord du Val-d'Oise, déposent leurs premières plaintes fin 2006 à la gendarmerie, dénonçant des extorsions de fonds et une forte emprise psychologique. Ils décrivent aux enquêteurs des cérémonies sordides, où sont sacrifiés des poulets à coup de sabre et les fidèles aspergés de sang lors de rites de purification menés au son du tambour et des transes de la "prêtresse".

Mais pour l'accusation, le culte vaudou n'est qu'un prétexte pour enrôler des adeptes et leur soutirer de l’agent : "des sommes importantes pour des personnes ayant de petits revenus", affirme le président qui égraine une longue liste de personnes ayant tout dépensé pour des conseils. Des sommes qui donnent le vertige : 100.000 euros pour une rupture sentimentale, 200.000 euros pour des problèmes sentimentaux et immobiliers, 81.000 euros pour des problèmes de travail ou encore 100.000 euros pour des problèmes de couple...

La prêtresse et sa famille sont passibles de cinq ans d'emprisonnement et de 750.000 euros d'amende

En 2009, une première vague d'interpellations est menée qui aboutit à la mise en examen du couple et de leurs enfants ainsi qu'à la dissolution de l'association. Mais les activités reprennent par la suite, jusqu'à la décision fin avril 2015 de renvoyer les prévenus en correctionnelle. Au final, une trentaine de plaintes ont été enregistrées sur la centaine de membres entendus par les enquêteurs, mais onze seulement se sont portés parties civiles. L'abus de faiblesse commis par le dirigeant d'un groupe maintenant ses membres en état de sujétion psychologique est passible de cinq ans d'emprisonnement et de 750.000 euros d'amende.
association prêtresse
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