outre-mer
territoire

Trois ans ferme requis contre une prêtresse vaudoue jugée pour dérive sectaire

justice
Une prêtresse animiste condamnée à deux ans ferme pour abus de faiblesse
©Archives
Une peine de cinq ans de prison, dont deux avec sursis, et la confiscation de son patrimoine immobilier, ont été requis vendredi à l'encontre d'une prêtresse animiste poursuivie pour abus de faiblesse sur ses adeptes devant le tribunal correctionnel de Pontoise.
Une peine de cinq ans de prison, dont deux avec sursis, et la confiscation de son patrimoine immobilier, dont une maison à Morne-à-l’eau ont été requis ce vendredi à l'encontre d'une prêtresse animiste poursuivie pour abus de faiblesse sur ses adeptes devant le tribunal correctionnel de Pontoise.
 

Une famille à la barre

Le parquet a requis en outre trois ans d'emprisonnement, dont un avec sursis, contre ses filles jumelles, et deux ans de prison, dont un avec sursis, contre son mari, un policier à la retraite qualifié d'"effacé et en retrait". Tous les trois étaient jugés pour complicité et recel au côté de cette Martiniquaise imposante de 65 ans, surnommée "Maman" par ses fidèles.

Témoignages poignants

Cette famille antillaise a fait bloc pendant les quatre jours de son procès pour nier avec force toute dérive sectaire et tout enrichissement personnel aux dépens des adeptes de leur temple, fondé par cette femme autoritaire en 1990 dans leur pavillon de Marly-la-Ville (Val-d'Oise).
 
Le réquisitoire a résumé les témoignages poignants des plaignants, quatorze anciens adeptes qui se sont portés partie civile. A la barre, ils avaient décrit les humiliations, la ruine financière, les unions forcées, les obstacles aux soins médicaux, ou encore l'abus de travaux bénévoles. Certains sont restés 18 ans sous l'emprise de leur "gourelle" charismatique, mettant plusieurs années à se décider à porter plainte.
 

Le culte des ancêtres          

Lors des confrontations, les prévenus s'étaient retranchés derrière les exigences du culte des ancêtres, cette "religion des descendants d'esclaves" selon eux incomprise chez leurs concitoyens d'une autre culture. "Cette famille feint de ne pas comprendre l'objet de son procès", s'est agacé le procureur, Sofian Saboulard.
           
"Où est l'argent, où sont les voitures de luxe, les comptes off-shore ?" s'est interrogé pour sa part l'avocat de la défense, Me Frédéric Delaméa, s'attachant à démontrer que le patrimoine du couple - trois maisons acquises avant 1995, d'une valeur estimée à près de 900.000 euros - ne correspondait pas aux sommes réclamées par les parties civiles.
 

La prêtresse se défend

Interrogée par Martin Baumer d’Outremer 1ere, la prêtresse vaudoue s’est confiée : “Je l'ai très mal vécu (NDLR ce procès) parce qu'on est dans un devoir de mémoire et de faire reconnaître la religion des ancêtres qui est l'animisme, c'est un combat de longue haleine. Ce n'est pas une derive sectaire et on n'est pas des escrocs et on se cache pas derrière la religion pour pouvoir s'enrichir." La décision du tribunal sera rendue le 11 avril à 13H30.
Publicité