Après la désignation de Benoît Hamon, comment se positionnent les élus ultramarins de gauche après la primaire ?

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Benoit Hamon
©Irina Kalashnikova / Sputnik
Après la victoire de Benoît Hamon à la primaire de gauche, les élus ultramarins commencent à se positionner ou se repositionner. Ils étaient nombreux à soutenir Manuel Valls... Que disent-ils désormais? Qui soutiennent-ils ? 
Manuel Valls battu, Benoît Hamon désigné candidat à la primaire, cela représente un vrai casse-tête pour de nombreux élus ultramarins de gauche qui avaient dans leur grande majorité choisi de soutenir l'ancien Premier ministre.

Quelques jours après le second tour, les tractations vont bon train en coulisses. Certains observateurs en plaisantent, évoquant par exemple tel élu qui s'est dépéché de prendre l'avion pour rejoindre Paris afin d'être dans les premiers à tenter de rencontrer Benoît Hamon...


Ils rejoignent Benoît Hamon

Plusieurs élus ont clairement affiché leur soutien au candidat désigné, après avoir soutenu Manuel Valls pendant la primaire. C'est le cas de Victorin Lurel. L'ancien ministre des Outre-mer explique sur Twitter que "Le secret de la réussite c'est le rassemblement". 

 

Maire de Saint-Pierre, Karine Claireaux, par ailleurs sénateur de Saint-Pierre et Miquelon a elle aussi tweeté son soutien au candidat désigné : "Les électeurs ont parlé, notre candidat est Benoît Hamon".



Ils hésitent

Parmi ceux qui ont choisi de s'exprimer mais qui sont dans une position d'attente, il y a la ministre de la Fonction publique, Annick Girardin. Membre du PRG, l'ex-députée de Saint-Pierre et Miquelon avait soutenu Sylvia Pinel au premier tour, puis Manuel Valls au second.

Sur Twitter, Annick Girardin explique que Benoît Hamon doit maintenant "Faire le rassemblement". Interrogée mercredi 1er février sur Public Sénat, elle explique attendre que son parti, le PRG, choisisse le candidat qui doit être soutenu. 


La présidente du conseil départemental de Guadeloupe, Josette Borel-Lincertin, soutenait également Manuel Valls lors de la primaire. Sur Twitter, elle explique que "Benoit Hamon a désormais la responsabilité de rassembler et, aussi, de s'intéresser davantage aux Outre-mer". 
 

 

Dans un message posté sur Facebook, Serge Letchimy, député de Martinique (soutien de Manuel Valls lors de la primaire) n'apporte pas non plus de soutien clair et net à l'un ou l'autre des candidats. Il estime simplement que "Désormais toutes les forces de gauches et progressistes doivent se concentrer pour barrer la route à la montée de l'extrême droite populiste , ainsi qu'à la droite conservatrice."  
Letchimy Facebook hamon
©DR

Les "Forces de gauche et progressistes" peuvent aller de Benoit Hamon à Emmanuel Macron, en passant par Jean-Luc Mélenchon. Comme l'explique Martinique 1ère (article à lire par ici), la gauche martiniquaise dans son ensemble est confrontée à un vrai casse-tête.  

De son côté, Christiane Taubira n'a pas apporté de soutien officiel à Benoit Hamon, mais dans une interview aux Inrockuptibles, elle salue sa victoire et estime qu'il s'agit "D'un vrai renouvellement". En revanche, elle critique vertement Emmanuel Macron. 



Ils sont silencieux

Parmi les élus ultramarins qui ne se sont pas encore exprimés depuis la désignation de Benoît Hamon, figure la ministre des Outre-mer, Ericka Bareigts. Dans son département, La Réunion, elle a subi une double défaite : non seulement Manuel Valls, qu'elle soutenait, n'est pas arrivé en tête (ni au premier, ni au second tour), mais c'est Arnaud Montebourg au premier tour et Benoît Hamon au second tour, qui l'ont emporté. Or, à chaque fois, il s'agissait des candidats soutenus par Patrick Lebreton.

Bien que socialistes tous les deux, Patrick Lebreton, député-maire de Saint-Joseph et Ericka Bareigts sont en opposition depuis des années. Il s'agit là d'un nouvel épisode du clivage, pour ne pas dire de la scission, au sein des socialistes réunionnais, entre ceux du nord (la ligne Annette-Bareigts) et ceux du sud (menés par Patrick Lebreton). La bataille a cette fois clairement tourné au désavantage de l'actuelle ministre des Outre-mer.

Silencieux également, le sénateur de Guyane Georges Patient, soutien de Manuel Valls, n'a pas encore réagi à la victoire de Benoit Hamon.