Archives d'Outre-mer : 11 novembre 1918, Première Guerre Mondiale, mémoires des Poilus des "antipodes"

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Tirailleurs Kanak
Tirailleurs Kanak, Nouméa ©Ville de Nouméa
Le 11 novembre 1918 marque la fin de la Grande Guerre (1914-1918), un des conflits les plus meurtriers du 20ème siècle naissant. Cent ans et des poussières plus tard, le souvenir de ces combattants demeure vivace parmi les descendants de ces "Poilus" devenus soldats pour la France.

Le 11 novembre 1918 est signé l'armistice qui met fin à quatre années de guerre. La Première Guerre mondiale, ou "Grande Guerre" a causé, estime-t-on, près de 20 millions de morts. Des soldats, d'origines diverses et variées, ont participé aux combats et nombreux sont ceux qui y ont laissé la vie. Parmi eux, les engagés venus des Outre-mer ont marqué l'histoire par leur courage. Comment est entretenue leur mémoire cent ans plus tard? Comment intégrer toutes ces vies à la vie de leurs descendants?

Les Archives d'Outre-mer se penchent sur le souvenir qu'ont laissé ces "Poilus des antipodes", ces soldats venus de l'Empire colonial français, qui pour la première fois n'étaient plus de simples volontaires, mais bien des soldats français. 

Le Bataillon Mixte du Pacifique - BMP

Archives d'Outre-mer : Poilus des antipodes
Soldats polynésiens, Bataillon mixte du Pacifique ©France Info

Officiellement, le Bataillon Mixte du Pacifique est crée le 4 juin 1916, date à laquelle embarquent sur le navire "Gange", les hommes mobilisés. Le contingent se compose de tirailleurs kanak et polynésiens. Plus d'un millier d'hommes vont s'embarquer pour l'Europe, tous sont originaires de ce qu'on nomme alors, les "Établissements français d'Océanie".  Ces derniers, venus de si loin, vont se battre jusqu'en Champagne, dans l'Oise et dans l'Aisne. À Vesles-et-Caumont, on se souvient toujours de ce Bataillon qui, le 25 octobre 1916, a libéré le village.
Regardez ce reportage d'Antoine Le Tenneur, le 11 novembre 2008, Nouvelle-Calédonie 1ère :

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De Lifou à Vesles-et-Caumont

Parmi ces soldats tombés à Vesles-et-Caumont, nombreux sont originaires de Lifou, en Nouvelle-Calédonie. En 2016, des écoliers exposent le fruit de deux ans de recherche sur le destin des cent-soixante-quatre hommes partis de Lifou et qui se sont battus dans ce village de Picardie. Certains en sont revenus et leurs descendants se souviennent des leurs "drôles" d'habitudes après leur retour sur le Caillou ; d'autres, sans nouvelles de leur parent depuis la fin du conflit, découvrent une issue heureuse à leur disparition... 
Voyez le reportage de Nouvelle-Calédonie la 1ère, signé Philippe Kuntzmann, le 15 novembre 2015 :

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Des soldats venus des Antilles-Guyane

On connaît moins l'engagement des soldats antillais : ils ont été nombreux à rejoindre l'armée française en Europe pour participer aux combats. Dès 1915, ils sont orientés vers l'Armée d'Orient, aux Dardanelles en particulier, mais aussi à Verdun, au Chemin des Dames, en Champagne. 

Archives d'Outre-mer, Poilus des antipodes
Monument aux morts de la Première Guerre mondiale. Fonds Saint-Denis, Martinique ©GUIZIOU FRANCK / HEMIS.FR / HEMIS VIA AFP

En 2014, l'écrivain martiniquais Raphaël Confiant publie un roman "Le Bataillon créole", qui redonne la parole à cette mémoire et à cette histoire méconnue. Il présentait son livre lors du festival "Le goût des autres" au Havre.
Suivez ce reportage de Christian Tortel pour France Ô, le 27 janvier 2014 :

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"Mo Papa Te Soda"

En Guyane, cette mémoire est vivace aussi et pendant deux ans, la conteuse Suzy Ronel va sillonner le territoire afin de recueillir les récits des enfants et des petits-enfants des soldats de la Grande Guerre. Elle en tire un spectacle "Mo Papa te soda" (Mon papa était soldat), qui est présenté au public dans le Camp de la Transportation de Saint-Laurent-du-Maroni. Les Poilus des "antipodes" revivent et vivent dans le coeur des descendants, dans l'histoire et dans notre mémoire...
Regardez le reportage de Guyane la 1ère, le 14 novembre 2016 :

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