Attentat de Nice : des Antillais se recueillent sur la Promenade après une nuit d'horreur

terrorisme
Joseph et Cathy, deux Antillais traumatisés par l'attentat de Nice
Joseph et Cathy, deux Antillais traumatisés par l'attentat de Nice, leur ville ©DR
Après une nuit d'horreur, Joseph, Guadeloupéen est revenu sur la Promenade des Anglais cet après-midi, à l'endroit même où il a vu hier des dizaines de corps. Cathy originaire de la Martinique se recueille. David Crosnier, Martiniquais amoureux de Nice se désole pour sa ville et ses habitants.
Joseph originaire de Guadeloupe vit à Nice depuis dix ans. Hier soir, il était au restaurant lorsque les scènes de panique ont commencé dans la rue. "Tout le monde s'est cloîtré dans le restaurant, on entendait les cris, les gens couraient, parlaient d'attentats et nous disaient de nous mettre à l'abri, le propriétaire à tiré le rideau. Avec certains on s'est agenouillé sous les tables, je tremblais de partout. J'ai pensé à mon service militaire en Guyane."
 


Comme des mangoustes

Au bout d'une heure, le propriétaire lève le rideau. "On est sorti comme des mangoustes en se faufilant dans la foule et en ouvrant un œil" dit-il. Personne ne savait encore ce qu'il se passait réellement.
 
Le  Guadeloupéen descend vers la promenade des Anglais. "Le premier corps que j'ai vu était celui d'une petite fille (silence), puis beaucoup d'autres. Il y avait du sang partout, regardez on en voit encore sur le trottoir d'en face".
 


Nappes sur les corps

Joseph n'a pas fermé l'œil de la nuit. Il est venu sur la promenade se recueillir et tenter d'apaiser ses souvenirs. "Ses cris, du sang, de l'horreur juste de l'horreur, explique-t'il. les gens prenaient les nappes dans les restaurants et couvraient les corps. Je progressais parmi les corps, et puis à un moment je n'en pouvais plus, je ne savais quoi faire, je suis rentré chez moi, choqué. Ça fait dix ans que je fais le 14 juillet sur la promenade ".
 

Prier pour les victimes

Juste à côté de Joseph, Cathy originaire de la Martinique écoute le récit. "Heureusement je n'ai pas vu tout ce que vous avez vu" dit elle. Cathy habite à Nice depuis 20 ans. Hier, son dîner au restaurant a trainé, le feu d'artifice a commencé, elle a renoncé à s'y rendre. Les larmes aux yeux, elle a l'impression "d'un cauchemar dont on va se réveiller". "Je ne réalise pas, je tenais à venir sur la Promenade me recueillir et prier pour les victimes."
 


Ville morte

La ville de Nice était à l'arrêt cet après midi, comme morte. Les rues ont à nouveau commencé à se remplir en fin de journée. De nombreux passants viennent comme Joseph et Cathy se recueillir le long de la promenade, déposer des fleurs face à l'horreur. 

Dépôt de fleurs sur la Promenade des Anglais
Dépôt de fleurs sur la Promenade des Anglais ©DR

Tout un symbole

David Crosnier, Martiniquais travaille à l'aéroport de Nice Côte d'Azur. "Je devais aller faire des photos du feu d'artifice et puis finalement je suis resté chez moi. J’ai eu pleins d’amis au téléphone. Ils ont pu se réfugier au Hard rock café, au Negresco ou au Mac Do. C’est terrible d’agir ainsi sur la Prom. En pleine saison estivale, un jour de fête, le 14 juillet. C’est un symbole très fort, c’est clairement voulu, poursuit-il. Dans la communauté antillaise, parmi mes amis, personne n’a été touché".