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Brésil : les terres protégées amérindiennes ouvertes à l’exploitation minière et aux barrages hydroélectriques

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Amérindiens du Brésil ©DR
Au Brésil, la hache de guerre est déterrée, entre d'un côté les milieux amérindiens et écologistes, et de l'autre le pouvoir. Jair Bolsonaro a donné son feu vert et va présenter au Congrès un projet de loi annoncé permettant l'exploitation minière et hydroélectrique des réserves amérindiennes.
Jair Bolsonaro persiste et signe. Le Congrès pourra voter un projet de loi autorisant une exploitation minière réglementée, et la construction de barrages hydroélectriques, sur les terres amérindiennes protégées. Le texte choque les milieux indigènes et environnementalistes, opposés aux déboisements. Mais le chef de l'Etat brésilien n'en a cure, allant même jusqu'à la provocation, en déclarant : "Nous ferons face à la pression des écologistesCes gens de l'environnement, hein ? Si je pouvais un jour, je les confinerais en Amazonie, puisqu'ils aiment tellement l'environnement".
 

Résistance

Au nom du développement économique, Jair Bolsonaro récuse l'occupation de 13% de la surface du Brésil par les tribus amérindiennes. Ces zones pourraient recéler des gisements de métaux précieux et de terres rares. Il songe aussi à y permettre l'exploitation agricole, déjà pratiquée de façon illégale. Les Amérindiens résistent sur le terrain. Comme par exemple dans la région de Sao Paulo, contre le déboisement lié à un projet immobilier. Marcio Were Mirim, chef Guarani Mbya, proteste. Il est venu avec une trentaine de membres de sa tribu occuper provisoirement les lieux :
 

Ce n'est pas normal ce type d'action violente contre la nature. Nous avons le droit de protester de manière traditionnelle, donc nous occupons cet espace pour effectuer une cérémonie funéraire pour les arbres, qui ont été abattus ici.

 
©la1ere

Les leaders amérindiens luttent aussi au plan international. En Grande-Bretagne, ils ont transmis une pétition au Premier ministre Boris Johnson. Ils lui demandent de s'entendre avec ses homologues européens, pour faire pression sur le chef de l'Etat brésilien, contre la destruction de leur cadre et mode de vie au nom du profit. Davi Kopenawa, leader tribu Yanomani, est surnommé le "Le Dalaï Lama amazonien", depuis qu’il s’est vu attribuer un Prix Nobel alternatif. Il ne mâche pas ses mots.
 

L'homme capitaliste qui ne travaille pas, il n'est pas inquiet. Il ne s'inquiète que d'arracher les richesses de la terre : l'or, le bois, le soja, et d'enrichir les banques.


Les Amérindiens défendent un développement naturel, respectueux de l'environnement. Reste à voir si la pression économique et politique qui s’exerce en face, ne sera pas la plus forte.
 
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